Pourquoi?
D’abord parce que tu es bien mieux placée que moi pour savoir ce qui te plaît.
Ensuite parce que, dans mon métier que j’exerce à temps plein, je m’adresse à des personnes qui me parlent de leur vie.
De leur quotidien.
De leurs habitudes.
De leurs contraintes.
Bref : de choses profondément personnelles.
Je peux très bien conseiller une chose le matin à un client…
et dire exactement l’inverse l’après-midi à un autre.
Non pas parce que je me contredis (enfin, si, ça peut arriver, mais ce n’est pas le sujet),
mais parce que leurs vies n’ont strictement rien à voir.
Dans ce cas précis, nous parlions du choix d’un cuir.
Le matin : une famille avec deux enfants — turbulents comme les enfants savent si bien l’être —
(et dont les clés de voiture ont fini dans l’égout du parking, mais là encore, autre histoire).
L’après-midi : un Monsieur venu choisir un siège de bureau.
Calme.
Posé.
Sans clés perdues à l’horizon.
Aux premiers, j’ai dit :
« Il ne faut en aucun cas choisir ce beau cuir naturel qui se tache dès qu’on a le malheur de respirer un peu trop fort à côté. »
Au second, j’ai dit exactement l’inverse :
« Il faut absolument prendre ce magnifique cuir qui va joliment se patiner avec le temps. »
Même matière.
Deux vérités opposées.
Et aucune erreur.
Au début, c’est précisément ce qui m’a bloquée en lançant Lison :
comment proposer quelque chose qui parlerait à chacune ? Qui s’adapterait vraiment à elle?
La réponse est venue assez vite :
ce n’est ni possible…
ni souhaitable,
si l’on veut respecter nos singularités.
Résultat : le projet est resté encore quelques années dans le placard.
J’ai pourtant été séduite, à un moment, par certaines approches très codifiées, comme le feng shui.
Sur le papier, tout faisait sens.
Dans la réalité de mon lieu de vie de l’époque, c’était tout simplement inapplicable.
Mon espace ne le permettait pas.
Et c’est là que quelque chose a basculé.
J’ai compris que je pouvais poser des questions
plutôt que donner des réponses toutes faites.
Parce qu’une bonne question ouvre un espace.
Là où une réponse toute faite le referme.
En posant les bonnes questions, chacun peut trouver sa réponse.
Et une réponse qui vient de soi est, par définition, la bonne.
Voici donc quelques exemples de questions que l’on pourrait se poser pour analyser notre espace :
Chaque pièce ne nous demande pas la même chose.
On n’y fait pas les mêmes gestes.
On n’y dépose pas les mêmes tensions.
Entrée
La pièce du passage
Quand je passe la porte, qu’est-ce que je ressens en premier ?
Est-ce que je me détends… ou est-ce que je me contracte ?
Est-ce que cet espace m’accueille ou me rappelle tout ce que je n’ai pas encore fait ?
Est-ce que cette pièce me dit « bienvenue »
ou « tu verras ça plus tard » ?
Salon
La pièce où l’on reste
Est-ce que je m’autorise vraiment à m’y poser ?
Où est-ce que je m’assieds naturellement ?
Est-ce que cet espace me ressemble ou est-ce qu’il ressemble à une idée de salon ?
Est-ce que je vis ici…
ou est-ce que je préserve un décor ?
Cuisine
La pièce du faire
Est-ce que cuisiner m’apaise ou m’épuise ?
Qu’est-ce qui me gêne au quotidien, même si je n’y fais plus attention ?
Est-ce que cet espace m’aide… ou me ralentit ?
Qu’est-ce que je fais ici par plaisir, et qu’est-ce que je fais par obligation ?
Salle à manger
La pièce du lien
Est-ce que j’ai envie de m’y attarder ?
Est-ce que je m’y sens à l’aise seule ? À plusieurs ?
Est-ce que cette pièce favorise l’échange ?
Chambre
La pièce de la vulnérabilité
Est-ce que je me sens en sécurité ici ?
Est-ce que mon corps se détend quand je m’allonge ?
Qu’est-ce que je garde dans cette pièce qui appartient à une autre version de moi ?
Est-ce que cette chambre m’aide à me réparer ?
Salle de bain
La pièce du soin
Est-ce que je prends soin de moi ici, ou est-ce que je fais vite ?
Est-ce que j’aime y être seule ?
Qu’est-ce que j’aimerais changer pour que ce moment soit plus doux ?
Bureau / Coin travail
La pièce de la tension
Est-ce que je peux m’y concentrer sans me crisper ?
Est-ce que cet espace me soutient ou me met sous pression ?
Est-ce que je m’y autorise des pauses ?
Finalement
Il n’est pas nécessaire de s’occuper de tout ça maintenant.
Ni de tout voir.
Ni de tout comprendre.
Ces questions peuvent rester là, tranquillement.
Comme des graines.
Au fil du temps, Lison prendra chaque pièce, chaque thème, chaque question,
et les détaillera, une par une, à leur rythme… et au tien.
Rien à forcer.
Rien à rattraper.
Juste avancer, doucement, vers quelque chose qui te ressemble davantage.
Et toi ? A quelle pièce souhaites-tu t’attaquer en premier?


