Si j’étais un yaourt ?
Personne ne dirait « il est un peu vieux » mais juste « c’est un bon yaourt », « il me reste du temps pour le manger ».
Pourtant, j’ai compris à demi-mot qu’à 50 ans, en tant que femme, je serais périmée, tant professionnellement que sentimentalement.
Comme si une limite invisible avait été franchie.
En Belgique, à mon âge, il reste encore 17 ans avant la pension. C’est presque le temps qui sépare un bébé de sa majorité.
Ce blog est né de cette évidence simple. Il me reste du temps, de l’élan et de la curiosité.
Et j’ai bien l’intention d’en profiter.
Dans la vraie vie, je suis architecte d’intérieur depuis une vingtaine d’années. Et depuis peu, j’ai un nouveau sujet d’étude : la femme de 50 ans.
Enfin, 50… Je ne vais pas vérifier les cartes d’identité. Disons 45, 50, 60. À 10 ou 20 ans près, nous devrions réussir à nous comprendre.
Je m’intéresse à ce qu’elle devient, à ce qu’elle veut encore devenir, à ce qui lui fait envie, peur, plaisir ou ce qui l’énerve franchement.
A la façon dont elle se regarde, mais aussi à la façon dont le monde la regarde.
Ou ne la regarde plus.
Parce que depuis que j’ai commencé à creuser le sujet, quelque chose me chiffonne : passé un certain âge, les femmes semblent beaucoup intéresser lorsqu’il s’agit de leurs rides, de leur ménopause, de leur poids ou de leur capacité à continuer à plaire.
Pour le reste, c’est le désert.
Or le reste m’intéresse beaucoup.
À 50 ans, nous pouvons avoir envie de changer de métier, de tomber amoureuse, de rester célibataire, de créer quelque chose, de recommencer, de ne surtout rien changer, de comprendre pourquoi nous nous sentons seules alors que nous rêvions justement d’avoir la paix.
Etre en pleine forme à 10 heures et avoir un coup de mou parfaitement inexplicable à 16.
Des préoccupations graves. D’autres complètement futiles.
Heureusement.
C’est ce que je veux explorer ici. Je lis, je teste, je réfléchis, parfois je change d’avis. Je n’ai aucune méthode à vendre pour réussir sa vie après 50 ans. J’ai juste envie de voir ce qu’il reste à découvrir et le partager.
Parce qu’au fond, c’est peut-être ça qui m’intéresse le plus : tout ce qui reste ouvert. Les projets qui n’existent pas encore, les envies qui arrivent sans prévenir, les questions auxquelles je n’ai aucune réponse et les chemins que je n’avais absolument pas prévu de prendre.
À 50 ans, je ne sais pas du tout à quoi ressemblera la suite. Et je trouve ça plutôt réjouissant.
… Et en fait, je ne consomme pas de produits laitiers.
Je n’ai jamais aimé ça.