Ou comment un petit geste répété peut accomplir de grandes choses.
Dans un monde idéal, chaque fois que tu déplaces quelque chose chez toi, tu le ranges quand tu as terminé. C’est ce qui demande le moins d’effort.
Ranger ta tasse après avoir bu ton thé est infiniment plus simple que ranger… 10 tasses.
Mais voilà.
Nous ne sommes pas dans un monde idéal.
J’avoue sans difficulté laisser un bazar pas possible derrière moi chaque soir, pour tout ranger chaque matin.
Oui, volontairement.
Et non, je ne suis pas maso.
C’est une habitude plutôt récente.
De désordonnée chronique à ordonnée trop régulière pour être honnête
Après ma séparation, je suis devenue ordonnée du jour au lendemain.
Sans plan.
Sans méthode.
Sans grande décision solennelle prise à minuit.
C’est arrivé comme ça.
Tous les matins, je range tout mon appartement.
Quand je rentre le soir, tout est impeccable.
On dirait que je vis à l’hôtel.
Je n’ai jamais vraiment cherché à comprendre pourquoi.
C’était devenu normal.
Naturel.
Un geste banal… mais vital
À l’époque, je ne me suis pas dit :
« Tiens, je vais mettre de l’ordre dans ma vie ».
Dans l’appartement de location que j’ai pris pour quelques mois, il n’y avait pas de lave-vaisselle.
Et je me suis vite rendu compte d’une chose très simple :
Ma journée devenait franchement désagréable si je savais que de la vaisselle m’attendait avant de pouvoir préparer le repas du soir.
Le soir, je n’avais absolument aucune envie de faire ça.
Alors j’ai commencé par une seule chose :
je lavais la vaisselle le matin, avant de partir.
C’était petit.
Facile.
Presque indolore.
Le reste est venu naturellement.
Petit à petit.
Quand tout vacille, quand les repères sautent, il faut bien quelque chose qui tienne.
Chez moi, ça n’a pas été une grande remise en question existentielle.
Ça a été :
- une table dégagée,
- un canapé sans vêtements,
- une cuisine qui m’attendait, prête à être utilisée.
Rien d’héroïque.
Juste un espace qui ne rajoute pas du chaos au chaos.
Le déclic… des années plus tard
J’ai lu Un rien peut tout changer de James Clear bien après que cette habitude se soit installée.
Et là, j’ai compris quelque chose d’assez troublant :
quand une habitude fonctionne vraiment, le problème qu’elle solutionne disparaît.
L’ordre n’était plus un sujet pour moi.
Pas parce que j’étais devenue particulièrement disciplinée.
Mais parce que le système était en place.
Je n’ai plus besoin d’y penser.
James Clear explique que la volonté et la motivation ne sont pas de bons outils à long terme pour changer une habitude.
Surtout quand le changement envisagé est important.
Elles s’essoufflent.
Et nous laissent souvent avec un joli sentiment d’échec.
À l’inverse, la multiplication de petites actions, aussi peu fatigantes que possible, est un levier bien plus puissant.
La loi du moindre effort est naturelle.
L’énergie est précieuse.
Et nous avons tout intérêt à l’économiser.
Quand j’ai commencé par faire la vaisselle chaque matin, c’était une petite chose.
Qui en a appelé une autre.
Puis une autre encore.
Résultat :
un appartement impeccable chaque jour,
que je peux joyeusement mettre en désordre chaque soir,
en sachant qu’il n’en restera plus une trace le lendemain.
Vivre à l’hôtel (sans le minibar hors de prix)
Dire que je vis “comme à l’hôtel”, ce n’est pas une coquetterie.
C’est une sensation très précise.
Rentrer chez soi et ne pas être agressée visuellement.
Ne pas avoir à décider quoi faire en premier.
Sentir que l’espace est déjà de ton côté.
Ce n’est pas du contrôle.
C’est du soin.
Un soin discret.
Répété.
Qui finit par devenir un socle
Ce que le rangement n’est pas chez Lison
Non, le rangement n’est pas :
- une injonction à mieux faire,
- une obligation de tout trier,
- une preuve de réussite personnelle.
C’est une aide.
Quand la situation l’impose.
Peut-être que je redeviendrai désordonnée plus tard.
D’ailleurs, si j’ai été désordonnée pendant 45 ans, puis ordonnée ces 5 dernières années…
est-ce que ça fait vraiment de moi quelqu’un d’ordonné ?
Est-ce temporaire ?
Mon “moi d’avant” peut-il resurgir ?
Franchement, je n’en sais rien.
Et ce n’est pas très grave.
Et toi ?
Est-ce que tu as envie de modifier certains de tes comportements ?
Pas tout.
Pas forcément maintenant.
Juste un.
Si oui, je te recommande vraiment ce livre.
Il explique avec beaucoup de clarté comment modifier — ou ajouter — une habitude sans la rendre lourde, pesante…
au point qu’elle finisse, comme tant d’autres, aux oubliettes.
Parfois, un tout petit geste suffit.
À condition qu’il soit répété.



3 réponses
Moi, c’est le livre « la méthode 1% » qui m’a ouvert les yeux sur les habitudes. C’est sensiblement la même chose que la méthode des petits pas! Alors en janvier (oui, il faut bien commencer quelque part!) je me suis dit que j’allais mettre en place des petites choses pour que mes mails soient mieux rangés, que mon anglais devienne plus fluide, que je sois à jour dans le classement de mes photos…Rien de révolutionnaire mais une petite sensation que je contrôle mieux la situation!
Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Un petit geste peut nous apporter un grand bien.
J’ai adoré ce livre mentionné et je dois dire qu’avec un chien à la maison, je passe l’aspirateur tous les soirs et quel plaisir le matin de pouvoir marcher pieds nus sans avoir de poils sous les pieds 😂
Méthode validée à 100%
J’ai adoré lire cet article à la fois léger et profond. Souvent, un petit pas apporte de grands changements,