Le fameux sac bleu d'IKEA

Acheter chez IKEA : bonne ou mauvaise idée ?

Mais d’abord, nous allons à Ikea ou chez Ikea?

J’ai entendu un jour cette phrase très élégante : « On va au bordel et chez les putes ».

D’accord, nous allons donc à Ikea?

Pas si simple, car si le nom d’entreprise est un patronyme, nous pouvons dire chez. Dans le cas présent, les deux premières lettres sont les initiales du fondateur, chez pourrait donc être utilisé.

Tant mieux car j’aime bien dire chez Ikea, je m’y sens un peu chez moi.

Cette entrée en matière illustre bien l’article car au final, je ne sais pas très bien si c’est une bonne idée ou non de s’y rendre, ou alors, ce n’est peut-être pas si grave que ça ? Tu me donneras ton point de vue dans les commentaires. 

Avis Trustpilot : 1,5 étoiles !

J’ai rarement vu une société avec un résultat aussi catastrophique. Jamais je ne mettrais les pieds dans un restaurant qui a ce score. Je devrais peut-être essayer du coup car pour ma part, je mettrais plutôt 4,5 étoiles pour mon expérience client.

Mais attends, ça n’est pas si simple…

Ikea règle tous nos tracas du quotidien

Quand j’ai un problème, je me précipite sur le site d’IKEA et – miracle – IKEA a la solution.

Par exemple, je ne peux en aucun cas me plaindre de l’endroit où je vis mais quand même. J’avais « besoin » d’une coiffeuse mais pas de place pour l’installer. Premier réflexe : IKEA.

Bien sûr, l’enseigne n’a pas le pouvoir d’agrandir mon appartement. Mais pas loin. Au fil de mes recherches, je suis tombée sur une boite, équipée de tiroirs (miroir grossissant, maquillage, bijoux, tout y entre) et pile la bonne hauteur. Elle est rangée dans l’armoire de mon bureau. En 2 secondes, je la sors, je me maquille et 2 secondes plus tard, elle est rangée.

Avantage supplémentaire : mon bureau doit toujours être impeccable puisqu’il est multi-tâches. Disparu, le sentiment de frustration « mon appartement est trop petit, je ne peux pas vivre comme je le voudrais ». Il suffit d’un peu d’imagination et d’Ikea pour la technique.

Autre exemple :

Je m’étais mis un défi il y a quelques années : changer ma cuisine pour moins de 10.000€. Mission accomplie. Pas sûre que ça soit encore possible aujourd’hui.

Je l’ai adorée cette cuisine, elle était lumineuse, pratique, modulable petit à petit, avec des accessoires tous compatibles entre eux.

Et tu peux rapporter au magasin ce que tu n’as pas utilisé. 

Que demander de plus?

Pour finir

Papa vient de déménager. C’était notre rendez-vous du lundi : boulettes au restaurant puis balade (rapide) dans les rayons, ensuite se servir dans le stock que j’ai scrupuleusement vérifié avant de partir et il n’y a plus qu’à monter le meuble.

Encore un plan qui se déroule sans accrocs.

le self service IKEA

Il n’y a pas que toi !

Tu vas me dire : quel égocentrisme, il n’y a pas que toi et ta petite expérience pour juger d’un géant mondial. Non, effectivement. Je me suis donc aidée du livre de Samuel Doux, Désir d’IKEA, le bonheur en pièces détachées — un essai qui démarre sur une expérience similaire à la mienne, mais qui finit par poser une question autrement plus vertigineuse : et si Ikea ne vendait pas seulement des meubles, mais une manière d’habiter le monde ?

Il m’a permis de me rappeler les différents scandales que j’avais opportunément effacés de ma mémoire.

Ingvar Kamprad — décédé en 2018 à 91 ans, je l’avais complètement oublié — se voyait un peu comme le papa du monde entier. Il allait tous nous aider à nous meubler avec (son) goût et à bas prix. 

Même ta carte de fidélité s’appelle « Ikea Family ». Tu vois, je n’exagère pas. 

Et c’est vrai qu’il a mis le mobilier contemporain à la portée de toutes les bourses — on ne peut que le remercier pour ça.

Mais le livre m’a aussi rappelé ce que j’avais opportunément mis sous le tapis : 

  • l’optimisation fiscale agressive et ses montages opaques que plusieurs journalistes se sont cassé les dents à démêler, entre fondations, sociétés écrans et paradis fiscaux. Une mère n’y retrouverait pas ses petits.
  • Les liens durables d’Ingvar avec Per Engdahl — figure majeure de l’extrême droite suédoise — qu’il a toujours défendu malgré ses excuses et sa fameuse « erreur de jeunesse ». 
  • L’espionnage illégal de centaines d’employés en France pour détecter les fauteurs de troubles. 
  • Le travail des enfants au Pakistan, il y a quelques décennies — mais quand même. 
  • La viande de cheval dans les boulettes. Les tartes au caca. 
  • Et le fait qu’Ikea soit le premier consommateur mondial de bois : équitable, vraiment ? La marque a été accusée d’utiliser du bois issu de coupes illégales en forêts primaires, et les labels FSC dont elle se prévaut ont des normes pour le moins… souples.

Au bout du compte, la marque s’en sort toujours. Quand elle agit mal, elle s’excuse, elle corrige si vraiment elle n’a pas le choix — mais tant que personne ne sait rien, elle ne fait rien non plus.

« Testament d’un négociant en meubles »

Tu savais qu’il existait une sorte de manifeste interne qui expose la vision, les valeurs et la philosophie de l’entreprise ? Ce texte quasi idéologique prône l’obsession du prix bas, la frugalité comme vertu, la méfiance envers le luxe inutile, l’efficacité logistique, et l’idée que tout le monde devrait pouvoir s’équiper dignement.

Top ! 

Mais dans la réalité, l’entreprise est au service des clients… tant que ça lui rapporte.

Samuel Doux parle d’une véritable entreprise de colonisation. Ikea crée une uniformisation de nos intérieurs : design abordable, épuré, efficace — et identique partout dans le monde. Est-ce que nos meubles de la marque se transmettent de génération en génération ? Non. Est-ce que j’aurais voulu les meubles de ma grand-mère ? Non plus. Mais on peut quand même constater qu’il ne reste pas grand-chose de l’ancien temps après le passage de l’ouragan Ikea. Il ne nous reste plus qu’à construire notre avenir, tout beau, tout neuf, et sans le poids du passé.

Bien qu’Ingvar n’ait pas eu de problème de liquidités, l’enrichissement personnel n’était pas son but principal — mais bien l’expansion de sa société, dont la seule limite était la surface de la Terre.

Ma position au sujet d’Ikea est désormais limpide : je suis ni pour ni contre, bien au contraire. Et toi ?

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Une réponse

  1. Ce n’est pas un sujet facile et je te remercie vraiment de l’aborder. Je suis designer d’intérieur et j’essaie de proposer bien entendu autre chose mais faut avouer que le bon rapport qualité / prix incite mes clients à se tourner vers cette marque. Sachant que je suis en plus orientée Bien-Etre familial, pour les enfants, j’avoue ils y vont beaucoup. Comment leur proposer autre chose ? Je cherche tous les jours 🙂

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