Je suis propriétaire

Je suis propriétaire

Je suis propriétaire

Je suis propriétaire !!!
Ça s’est fait comme ça.
J’ai vu.
J’ai aimé.
J’ai acheté.

Deux secondes.
À peine la porte ouverte.
Pas de débat intérieur. Pas de tableau Excel mental.
Juste ce oui immédiat, tranquille, définitif.

Détail amusant a posteriori :
sur toutes les visites, je n’ai fait qu’une seule offre.
Celle-là.
Et ça a été la bonne.
Exactement comme à l’époque de la maison.
C’est chez moi!

Après, bien sûr, il y a eu le notaire.
La banque.
Les papiers.
Et là encore, rien à signaler.
Tout s’est enchaîné avec une facilité presque suspecte, comme si le monde rationnel avait validé sans discuter une décision prise ailleurs.

Et c’est précisément après que l’agitation a commencé.

À l’intérieur.

Parce que quand tu es hypersensible, tu comprends énormément de choses…
souvent à ton insu.
Le problème, ce n’est pas la finesse de la perception.
C’est qu’elle ne passe pas toujours par des mots, ni par des preuves.

Alors une fois la décision prise, l’imagination se met au travail.
Et elle n’y va pas à moitié.

Elle imagine le pire.
Ce qu’on n’a pas vu.
Ce qui pourrait mal tourner.
Ce qui se cache peut-être derrière une porte fermée.

Un peu comme dans La sorcière du placard aux balais (un de mes contes préféré de la sorcière de la rue Mouffetard, tu les as lus?)
Cette peur délicieuse et enfantine qu’il y ait, quelque part, une sorcière planquée dans un placard.
Pas forcément méchante (mais celle-là oui).
Prête à surgir pour te rappeler que tu as peut-être fait une énorme bêtise.

Chez l’hypersensible, cette sorcière-là prend souvent la forme de doutes, de scénarios, de nuits agitées.
Pas parce que l’intuition s’est trompée.
Mais parce qu’elle a travaillé en profondeur, sans demander l’avis du mental.

Et quand le mental arrive après coup, il panique un peu.
Normal.
Il n’a pas assisté au raisonnement.

Alors il invente.
Il projette.
Il dramatise.

Et parfois… il rêve…

Lors d’un terrible cauchemar,
J’arrive pour prendre les clés.
L’appartement est entièrement peint en gris.
Déjà, rien que ça, mon inconscient était en PLS. Tu sais à quel point je déteste le gris.

Et là, l’ex-propriétaire (qui était en réalité super sympa),  m’annonce :
« J’ai trouvé une solution pour la lumière. »

Elle m’explique alors que le mur entre mon appartement et celui des voisins a été abattu.
Plus de séparation.
Tu vas partager le canapé avec les voisins.
Un canapé en osier…
Très inconfortable.
Et surtout… collectif.

Grâce à ça, je pourrai profiter de leur lumière.

Dans le rêve, c’est l’enfer absolu.
L’intrusion.

Les voisins chez moi!

Pour une hypersensible qui n’a qu’un seul vrai besoin en rentrant chez elle — la solitude —
c’est un cauchemar absolu!
Implacable.

Le deuxième rêve est plus silencieux.
Plus sournois.

Ma sœur vient visiter l’appartement.
Elle regarde autour d’elle et dit avec beaucoup de bienveillance :
« Il est un peu sombre, non ? »

Et là, je vois ce que je n’avais pas vu jusque-là.
L’appartement est noir.
Pas sombre. Noir.

Je lui réponds pourtant, très appliquée :
« Mais regarde… là-haut… il y a deux petites lucarnes. Minuscules.
Il suffit de bouger un peu, de se placer au bon endroit… et on peut apercevoir un tout petit bout de soleil. »

Je me justifie.
Je m’adapte.
Je rationalise.

Ma soeur me regarde comme si j’étais une chaise cassée qui tient encore debout par politesse.

A l’intérieur, je suis effondrée.

Ce qui est fascinant, c’est la suite.

Dans la réalité.

J’ai enlevé tout le gris de l’appartement.
Et il est très lumineux comme prévu.

Comme si mon cerveau hypersensible avait compris immédiatement ce que je voulais,
ce dont j’avais besoin,
ce qui était juste
bien avant que ma conscience ne le sache.

Ces cauchemars ne parlaient pas d’un mauvais choix.
Ils parlaient de la peur de perdre ce qui est vital pour moi :
la lumière, l’espace, la séparation, le refuge…

La peur du changement aussi?

Et ils confirmaient une chose essentielle :
je n’avais pas acheté un appartement au hasard.
J’avais acheté un potentiel qui existait déjà dans ma tête.

En tant qu’hypersensible, nous comprenons souvent les choses avant de pouvoir les expliquer.
Le corps, lui, sait déjà.
La tête finit toujours par suivre… plus lentement.

La sorcière reste dans les livres.
La lumière, elle, est là.

L’hypersensible ne manque pas de discernement.
Elle en a même parfois trop.
Simplement, elle ne sait pas toujours comment elle sait.

Si tu as peur après avoir dit oui,
si ton imagination s’emballe,
si des sorcières apparaissent la nuit…

ce n’est peut-être pas un signe d’erreur.
Peut-être juste la trace de quelque chose de très fin,
très ancien,
qui travaille en silence en permanence.

Et qui, jusqu’ici, ne s’est jamais trompé.

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