Je regarde presque toutes les émissions de Faustine Bollaert sur YouTube.
À tel point que les vacances commencent sérieusement à m’agacer.
J’ai très peu de congés. A la télé, ils durent deux mois! Résultat : plus de nouvelles émissions de Ça commence aujourd’hui et une succession de rediffusions, parfois tellement vieilles qu’il y a encore un public sur le plateau et que personne n’a entendu parler du Covid.
Bref, j’attends la rentrée.
Je ne suis pas sur Instagram. Je n’ai donc pas vu la vidéo publiée par Faustine Bollaert pour annoncer son retour.
Si je l’avais vue, je pense que ma réaction aurait été assez simple : « Ah, enfin ! De nouvelles émissions ! »
Sauf que cette vidéo a fini par arriver jusqu’à moi d’une autre manière : dans les actualités proposées par Google.
Et si Google a jugé nécessaire de m’informer de l’existence de cette petite vidéo de vacances, ce n’est évidemment pas parce que la rentrée de Ça commence aujourd’hui constitue un événement géopolitique majeur.
C’est parce que les commentaires sous la publication avaient tourné au carnage.
Faustine Bollaert est méconnaissable
Je regarde Faustine Bollaert plusieurs fois par semaine. Je sais donc à quoi elle ressemble.
Et oui, sur la photo reprise par les journaux, je ne l’ai pas reconnue immédiatement.
Voilà, c’est dit.
Sans maquillage, avec une autre lumière, après les vacances, sur une image extraite d’une vidéo… elle ne ressemble pas à la Faustine que j’ai l’habitude de voir sur un plateau de télévision.
Mais ma deuxième pensée a été : et alors ?
C’est là que je ne comprends plus.
Il m’arrive de croiser quelqu’un et de penser qu’il a l’air fatigué. Que sa tenue ne le met pas en valeur ce jour-là. Que quelque chose a changé, sans savoir dire quoi.
Je ne me précipite pas pour l’en informer.
Il me semblait même jusqu’ici qu’il s’agissait d’une règle assez élémentaire de la vie en société.
Tout ce qui nous traverse l’esprit ne doit pas nécessairement sortir de notre bouche.
Ou de notre clavier.
Et pourtant, des centaines de personnes ont éprouvé le besoin d’expliquer à Faustine Bollaert qu’elle avait vieilli, que son visage avait changé, qu’elle était méconnaissable ou de lui demander ce qu’elle avait bien pu faire à son visage. Elle a fini par leur répondre.
Pourquoi ?
Je pose vraiment la question.
Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à regarder une personne qu’il ne connaît pas, à constater qu’il n’aime pas son apparence ce jour-là et à prendre quelques minutes supplémentaires pour s’assurer qu’elle le sache ?
À 47 ans, le cahier des charges devient compliqué
Cette histoire m’a probablement autant frappée parce que Faustine Bollaert n’est pas seulement une très belle femme.
Elle a 47 ans, elle est célèbre, elle a une carrière impressionnante, une émission qui fonctionne depuis des années et un public fidèle.
Elle a du succès.
Et malgré tout cela, il suffit d’une vidéo sans maquillage dans son jardin pour que son visage prenne soudainement plus de place que tout le reste.
Et là, je retrouve une question qui me travaille depuis quelque temps.
Qu’attendons-nous exactement des femmes lorsqu’elles approchent de 50 ans ?
Parce que le cahier des charges commence à devenir franchement compliqué.
Il faudrait vieillir naturellement.
Mais pas trop visiblement.
Il ne faudrait pas céder aux injections et à la chirurgie esthétique parce qu’il faut « assumer son âge ».
Mais il faudrait tout de même éviter les rides, le relâchement, les cernes et, si possible, conserver exactement le même visage qu’à 35 ans.
Il faudrait rester belle.
Mais sans donner l’impression de faire des efforts pour le rester.
Être naturelle.
Mais pas trop.
Assumer ses 47 ans.
Tout en ayant idéalement l’air d’en avoir 38.
Personnellement, j’ai relu les consignes trois fois : je ne vois toujours pas comment faire.
Je ne pense pourtant pas tellement à mon âge
Lorsque mon couple s’est terminé, j’ai découvert assez brutalement que cette histoire de date de péremption des femmes n’était pas complètement théorique.
Avant, je savais que cette idée existait. Quelque part.
Les femmes vieillissent, deviennent moins désirables, finissent par devenir invisibles…
Je pensais que tout cela était un peu exagéré.
Puis j’ai été frappée de plein fouet par certaines réalités.
C’est d’ailleurs de là qu’est née l’idée de mon tout premier article, « Si j’étais un yaourt ? » : avec encore 17 jours avant sa date de péremption, personne ne le regarde en se disant qu’il est foutu.
Mais le plus étrange, c’est qu’aujourd’hui je ne passe pas mes journées à penser que j’ai 51 ans.
Heureusement.
J’ai un travail, des projets, des livres à lire, des choses qui m’énervent, d’autres qui me passionnent. Je me pose des questions sur le changement, la solitude, le sens que nous donnons à notre vie, ce que nous voulons encore découvrir ou construire.
Bref, j’ai autre chose à faire que d’étudier quotidiennement l’évolution de mes pattes-d’oie.
Et puis une histoire comme celle de Faustine Bollaert surgit.
Et elle me rappelle brutalement la place extraordinaire que nous continuons à accorder à l’apparence d’une femme qui « vit-eillit ».
C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles j’ai envie d’écrire Lison.
Les préoccupations des femmes après 45 ou 50 ans ne se limitent pas aux crèmes rajeunissantes, à la ménopause et à la question de savoir si elles plaisent encore aux hommes.
Ces sujets existent.
Mais il existe aussi tout le reste.
Et, personnellement, c’est surtout tout le reste qui m’occupe.
Et si le problème était simplement l’ennui ?
Je pourrais terminer cet article en disant que les réseaux sociaux sont affreux, que notre société est terriblement âgiste et que tout va très mal.
Ce serait assez déprimant.
Et surtout, ça ne m’intéresse pas beaucoup.
Alors j’ai peut-être une autre proposition.
Si tu fais partie des personnes qui ressentent parfois une envie irrépressible d’expliquer à une inconnue que son nez te semble trop gros, qu’elle a pris dix ans ou que tu n’aimes plus son visage, je te conseille de créer un site internet.
Vraiment.
Choisis quelque chose qui te passionne.
Achète un nom de domaine.
Installe WordPress.
Écris des articles.
Cherche des images.
Essaie de comprendre pourquoi Google ne veut pas indexer une page parfaitement correcte.
Découvre ensuite que Facebook a décidé de ne pas afficher l’image sur laquelle tu as passé une heure.
Et, si tu disposes encore d’un peu de temps libre, ouvre une chaîne YouTube.
Je ne peux évidemment rien garantir, mais je soupçonne qu’après tout cela, tu auras beaucoup moins de temps pour aller examiner le visage de gens que tu n’apprécies pas.
Et avec un peu de chance, il se passera quelque chose d’encore mieux.
Tu auras trouvé quelque chose que tu aimes.
Personnellement, depuis que j’ai créé Lison, je n’ai plus une minute à consacrer aux rides des autres. Les miennes, en revanche, je trouve toujours le temps 😢.
Et ça me convient très bien.



16 réponses
Du coup ça m’a donné envie de voir à quoi elle ressemblait car je ne regarde pas la télé et elle est magnifique. Par contre je la vois maquillé quand même un peu autour des yeux. Merci pour la découverte 😉
Et voilà, Lison aura au moins servi à te faire découvrir Faustine Bollaert 😄 Je suis bien d’accord avec toi, je la trouve magnifique aussi !
De nombreuses femmes du cinéma et de la télé ont commencé à parler haut et fort de ce type de comportements depuis quelques années.
Les femmes qui vieillissent, c’est comme une date de péremption qui est dépassée alors que les hommes qui vieillissent c’est comme le bon vin, il se bonifie…
Plusieurs femmes journalistes / présentatrices de la TV ont d’ailleurs créé leur propre structure et donc leurs propres émissions car elles étaient devenues trop vieilles pour le petit écran.
L’apparence est l’apanage de notre société.
Pour moi, la réponse c’est d’avancer sans se faire polluer par le brouhaha que certains décérébrés peuvent faire avec des réflexions aussi intelligentes qu’un QI de moule.
Il n’y a que ceux qui agissent qui connaissent la valeur des choses, les autres… ignorons les
Merci pour ton commentaire ! C’est justement ce qui me frappe : devoir parfois créer sa propre structure simplement pour pouvoir continuer à exercer un métier que l’âge n’empêche absolument pas de faire. Et cette comparaison avec le bon vin réservé aux hommes a décidément la vie dure.
J’aime beaucoup ta conclusion aussi : avancer malgré le brouhaha. Même si j’avoue que certains commentaires me donnent encore très envie de m’arrêter deux minutes pour regarder d’où vient le bruit !
Merci Sophie. Un nouvel article original et décapant. Je te conseille d’écrire un livre! Je ne connais pas Faustine Boallaert et je ne veux pas tomber dans la curiosité. La vie la mettra peut-être sur mon chemin d’une façon ou d’une autre. Et aux femmes: vous êtes belles!
Merci ! Le « je te conseille d’écrire un livre » me fait particulièrement plaisir 😊 Il y a encore quelques mois, je n’aurais jamais imaginé que quelqu’un puisse me dire ça ! Pour l’instant, je vais déjà continuer à remplir Lison de mes réflexions plus ou moins décapantes 😄 Et je te rejoins complètement sur la dernière phrase : nous sommes belles, avec nos âges, nos rides et tout le reste !
Ton article me parle car, en tant qu’homme, j’ai moi aussi ressenti à un moment ce regard porté sur l’âge et l’apparence. Avec le temps, j’ai appris à m’en détacher pour accorder davantage de valeur à mon expérience de vie, à ce que les années m’ont appris et à ce que je peux aujourd’hui transmettre. Merci pour ton article que j’ai pris plaisir à lire 🙏
Merci beaucoup pour ton témoignage 🙏 Ça me fait particulièrement plaisir d’avoir aussi un regard masculin sur ce sujet. Nous ne vivons sans doute pas le vieillissement exactement de la même manière, mais certaines expériences se rejoignent visiblement. Merci d’avoir pris le temps de partager la tienne
Les rides, les rondeurs, ou toutes petites choses critiquables sont atténuées avec un sourire
Assumons toutes nos différences soyons heureux
On s’en fout du regard des autres, ceux qui se cachent derrière leurs écrans pour critiquer, mettre des commentaires désobligeants
Chacun peut vivre sa vie et ses émotions sans être constamment jugé
Belle journée vivez bien soyez tous beaux 🥰
Merci pour ce joli message. Et si le sourire atténue les rides, voilà enfin une méthode anti-âge qui ne coûte rien ! 😄 Tu as raison, ce serait tellement plus simple de pouvoir vieillir, changer et vivre sans avoir à répondre en permanence aux critères des autres. Belle journée à toi aussi ❤️
Je trouve ton article très juste. Ce qui me frappe aussi, c’est cette étrange impression que certaines personnes considèrent qu’un visage féminin leur appartient dès lors qu’il est connu du public…. Comme si elles avaient ensuite le droit d’exiger qu’il ne change jamais. J’aime beaucoup ta conclusion aussi. Depuis que je me suis moi-même lancée dans des projets qui me passionnent, j’ai aussi découvert une chose : avoir quelque chose à construire, à apprendre et à créer occupe énormément de temps… et, finalement, c’est probablement beaucoup plus intéressant que d’aller analyser le visage des autres sur Internet. Merci pour ce partage !
Merci pour ton commentaire ! Il me fait penser à quelque chose : créer rend peut-être aussi un peu plus indulgente. Quand tu sais le temps, les hésitations et parfois le courage qu’il faut pour montrer quelque chose de soi, tu as sans doute moins envie de dégainer la loupe devant ce que les autres montrent d’eux-mêmes. Et tant mieux 😊
Je ne regarde pas cette émission, mais je connais bien sûr Faustine Bollaert, notamment parce que l’on voit régulièrement passer des extraits de ses émissions.
Comme toi, je trouve assez désolant de voir à quel point certaines personnes peuvent s’emparer d’une image, d’une phrase ou d’un moment concernant une personnalité connue pour critiquer, juger ou simplement faire le buzz.
Peut-être que certains s’ennuient ou cherchent simplement à attirer l’attention. Personnellement, entre mon blog, mon métier et mes passions, je préfère consacrer mon temps et mon énergie à ce qui m’apporte quelque chose.
Cela m’exaspère parfois de voir autant de critiques gratuites. Avant de juger les autres, ne serait-il pas plus intéressant de se demander : « Qu’est-ce que je fais, moi, de mon temps et de mon énergie ? »
C’est vrai que vu sous cet angle, ça donne surtout envie de garder son temps pour des choses un peu plus réjouissantes 😄 Merci d’être passée par ici !
Bonjour, parler de la beauté interieure et de la laideur intérieire sont des sujets passionnants qui surpassent cette obession qui nous torturent toutes et tous de se concentrer sur l´apparence. Ce diktat nous enferme et nous fait tant de mal……comment s´en libérer une fois pour toutes et se focaliser sur l´essentiel? Je ´ai pas encore de réponse…..
Merci Frédérique. Je crois justement que le plus difficile est dans ton « une fois pour toutes »… Je ne suis pas certaine que nous puissions nous libérer complètement du regard porté sur l’apparence, tellement nous avons appris à lui donner de l’importance. Mais peut-être pouvons-nous au moins lui en donner un peu moins, petit à petit, et nous rappeler plus souvent que ce qui nous rend belles ou laides aux yeux des autres ne se voit pas forcément dans un miroir. Et je te rassure : je n’ai pas encore trouvé la réponse non plus ! 😄