Comment améliorer sa concentration ? Voici 5 astuces pour y parvenir :
- Coupe les notifications
- Eloigne ton téléphone
- Fais une seule chose à la fois
- Accorde-toi des pauses
- Dors suffisamment
Voilà, tu as les 5 astuces. Maintenant que Google est content, cherchons vraiment comment faire.
Et si je n’avais pas vraiment perdu ma concentration ?
Depuis quelque temps, j’ai l’impression d’avoir perdu une partie de ma capacité à me concentrer. Rien de catastrophique : je travaille, je lis, j’écris, je réfléchis. Mais mon attention me semble plus volatile qu’avant, et certaines tâches ont soudain le pouvoir de me faire trouver passionnante absolument n’importe quelle autre activité.
Sauf que ces deux derniers mois, j’ai énormément travaillé. Il fallait remettre mes idées en ordre, avancer sur plusieurs projets, terminer mes plans et surtout respecter les délais.
Et ma concentration ?
Impeccable.
Je pouvais rester plongée dans ce que je faisais pendant des heures.
Ce qui est plutôt rassurant : ma capacité à me concentrer n’a donc pas disparu. Elle semble simplement choisir avec beaucoup de soin les moments où elle accepte de se manifester.
Mais améliorer sa concentration quand l’enjeu est moins important, c’est une autre histoire.
Et c’est là que la question devient intéressante : si mon cerveau sait parfaitement se concentrer quand l’enjeu est suffisamment important, comment lui faire reproduire la même chose quand il l’est un peu moins ?
Et si je prenais un médicament ?
J’y ai pensé.
Pas sérieusement, rassure-toi. Mais il existe bien des médicaments capables d’améliorer l’attention chez les personnes qui souffrent de TDAH.
Le plus connu est sans doute la Ritaline. Il existe aussi des médicaments à base d’amphétamines, ainsi que d’autres traitements non stimulants.
Chez les personnes qui souffrent de TDAH, ces médicaments peuvent réellement améliorer l’attention et diminuer certains symptômes.
Évidemment, quelqu’un a fini par se poser exactement la même question que moi :
« Et si je n’ai pas de TDAH mais que je prends quand même le médicament ? Est-ce que je deviens super concentrée ? »
Ce serait pratique.
Une Ritaline et je termine cet article.
Une deuxième et je fais ma comptabilité.
Une troisième et, dans un élan d’enthousiasme, je lis peut-être même les 26 pages des conditions générales de ma compagnie d’énergie avant l’hiver (bon, ça, je l’ai vraiment fait, mais avec ChatGPT — je m’égare, mais c’est justement le sujet de l’article).
Même très concentrée, j’ai mes limites.
Malheureusement, le cerveau refuse une nouvelle fois de collaborer à un système aussi simple.
La pilule magique existe-t-elle ?
Chez les personnes sans TDAH, ces médicaments peuvent améliorer certaines capacités dans certaines situations — notamment l’attention soutenue ou certains aspects de la mémoire — mais les effets observés restent modestes et très variables. En clair, la pilule qui transforme instantanément un cerveau distrait en machine de guerre intellectuelle n’existe pas.
Ce qui existe, en revanche, ce sont les effets indésirables.
Troubles du sommeil, diminution de l’appétit, augmentation du rythme cardiaque ou de la tension, nervosité… sans oublier les risques liés au mésusage de certains stimulants.
Le rapport bénéfice-risque devient tout de suite moins séduisant pour le quotidien.
Mais si malgré tout ça tu es arrivée jusqu’ici en te demandant :
« D’accord, mais où est-ce que je peux en acheter ? »
Je suis une blogueuse consciencieuse.
J’ai pensé à tout.
Les 5 solutions faciles pour Google, c’est fait.
Le lien externe vers le dark web, c’est fait.
Si nous nous renseignions auprès d’un spécialiste ?
Demandons à quelqu’un qui s’y connaît vraiment. Jean-Philippe Lachaux est neuroscientifique, directeur de recherche à l’Inserm et spécialiste de l’attention. J’ai lu son livre Le Cerveau funambule pour essayer de comprendre un peu mieux ce qui se passe dans ma tête.
Le livre est passionnant, mais tellement dense que j’ai rapidement compris une chose : je ne raconterai pas tout ici. Il y a probablement matière à plusieurs articles.
Ce qui m’a particulièrement plu, ce sont les petits noms que Jean-Philippe Lachaux donne à certains mécanismes de notre attention. Une fois que tu les connais, tu commences à les repérer partout.
À commencer par le PAM.
PAM signifie proposition d’action immédiate. SPAM, mais sans le S.
Tu es tranquillement installée en train de lire quand une pensée surgit :
« Il faut vraiment que je prenne rendez-vous pour l’entretien de la chaudière. »
Voilà un PAM.
Et le problème avec ce PAM, c’est qu’il n’a rien d’idiot.
La chaudière doit réellement être entretenue. Mais tu avais décidé de lire et, si tu abandonnes ton livre chaque fois que ton cerveau te propose quelque chose d’autre à faire, tu risques de rester longtemps à la page 32.
Tu décides donc de ne pas bouger.
Sauf que ton cerveau, lui, n’a pas oublié la chaudière.
Et il sait très bien pourquoi elle mérite ton attention.
Bienvenue chez les 3P
Si tu ne prends pas rendez-vous, tu risques d’oublier. Si tu oublies, l’entretien ne sera pas fait. Et si la chaudière tombe en panne, ce sera évidemment en février, un dimanche soir, avec huit degrés dehors et aucun chauffagiste disponible avant mercredi.
Te voilà déjà sans chauffage, sans eau chaude et avec une facture à quatre chiffres alors que, trente secondes plus tôt, tu lisais tranquillement un livre.
Bienvenue chez les 3P : plein de problèmes partout.
C’est aussi pour éviter ces problèmes potentiels que ton cerveau insiste avec son PAM.
Comment ne pas céder au PAM ?
Alors, comment lui faire comprendre que tu as parfaitement entendu son histoire de chaudière, que tu comptes t’en occuper, mais que tu ne vas pas poser ton livre maintenant pour autant ?
C’est ici qu’intervient le CRI : changement radical d’intention.
« M’occuper de la chaudière » est une intention beaucoup trop vague.
Qu’est-ce que ça veut dire exactement ? Trouver un chauffagiste ? Retrouver celui qui était venu la dernière fois ? Téléphoner ? Prendre rendez-vous ? Vérifier mon agenda ? Combien de temps tout cela va-t-il me prendre ?
Tant que l’intention reste énorme et floue, difficile pour le cerveau de savoir quand elle sera réellement terminée.
L’idée consiste donc à la découper jusqu’à obtenir de petites actions concrètes dont il peut beaucoup mieux évaluer la durée.
Retrouver les coordonnées du chauffagiste : quelques minutes.
L’appeler : quelques minutes de plus.
Regarder mon agenda et fixer une date : encore quelques minutes.
Tout à coup, « m’occuper de la chaudière » n’est plus cette énorme chose indéterminée que mon cerveau a peur de voir disparaître dans les oubliettes.
Je sais ce que je dois faire, approximativement combien de temps cela prendra, je peux décider quand je le ferai.
Et surtout, je ne le fais pas maintenant.
Parce que c’était quand même tout l’intérêt de l’exercice.
Je peux retourner à mon livre.
Enfin, si mon cerveau n’a pas un nouveau PAM à me proposer d’ici là.
Ce que je vais essayer de retenir
Après plusieurs centaines de pages sur le fonctionnement de mon attention, j’aurais évidemment pu terminer cet article avec 17 nouvelles techniques.
Mais je crois que je vais commencer beaucoup plus simplement.
Repérer mes PAM.
Cette petite pensée qui arrive pendant que j’écris : « Tiens, je devrais répondre à ce mail. »
Ou pendant que je lis : « Il faut absolument que je regarde les horaires du magasin. »
Ou encore : « Je me demande quel âge a cet acteur. »
Cette dernière information n’a évidemment aucune urgence. Elle possède pourtant une capacité remarquable à me faire poser mon livre, prendre mon téléphone, ouvrir Google et découvrir vingt minutes plus tard que je suis en train de lire la biographie de sa troisième épouse.
Alors désormais, j’aimerais essayer de faire une chose toute simple : reconnaître le PAM avant de le suivre.
Ah. PAM.
Et le laisser passer.
S’il concerne quelque chose d’important, je peux décider quand je vais m’en occuper et, si nécessaire, le découper en petites actions suffisamment concrètes pour que mon cerveau accepte de le mettre de côté.
S’il concerne l’âge d’un acteur que je ne reverrai probablement jamais de ma vie, je peux peut-être survivre sans connaître la réponse.
Et puis il y a une deuxième chose que je retiens du livre : notre attention aime savoir où elle va.
Quand l’objectif devient flou, quand plusieurs intentions se disputent la place ou quand j’essaie de faire plusieurs choses qui réclament réellement mon attention en même temps, les PAM ont beaucoup plus de facilité à gagner.
Ce qui explique peut-être ce qui m’est arrivé ces deux derniers mois.
Je pensais avoir perdu en concentration. Pourtant, dès que j’ai eu énormément de travail, des objectifs très précis et des délais à respecter, elle est revenue sans que j’aie besoin de faire quoi que ce soit.
Ma concentration n’avait peut-être pas disparu.
Elle avait simplement besoin de savoir où aller.
C’est déjà beaucoup plus utile que de couper mes notifications.
Et tes PAM à toi ?
Et toi, quels sont les PAM qui réussissent le mieux à détourner ton attention ?
Le mail auquel tu dois absolument répondre maintenant ? Le rendez-vous que tu as oublié de prendre ? Une question parfaitement inutile qui mérite soudain une recherche Google approfondie ?
Raconte-moi en commentaire. Je serais assez curieuse de découvrir ce qui vient interrompre le cerveau des autres.
À condition que tu aies terminé ce que tu étais en train de faire avant de venir me répondre.




8 réponses
Merci Sophie, j’ai beaucoup aimé le décalage entre les cinq conseils attendus par Google et la vraie exploration des PAM. Le simple fait de nommer cette « proposition d’action immédiate » me semble déjà très puissant : reconnaître « Ah. PAM. » avant de suivre l’impulsion crée un petit espace de choix. Chez moi, le PAM classique serait d’aller vérifier une idée « juste deux minutes »… et de revenir bien plus tard !
Merci ! Et le « juste deux minutes » est redoutable. C’est exactement le genre de PAM que je connais bien aussi : il a toujours l’air parfaitement raisonnable au moment où il arrive… beaucoup moins une demi-heure plus tard.
Je n’avais jamais vraiment conceptualisé cette idée. Merci pour cette découverte des « PAM », ces petites pensées qui viennent détourner notre attention sans prévenir. Je suis totalement d’accord, la concentration dépend de la clarté de notre intention. Je vais essayer de mieux repréer les distractions et les noter plutôt que d’y répondre immédiatement. Avec toutes les solicitations que nous avons quotidennement, notre charge mental grandit tellement vite.
Merci ! C’est fou comme une petite pensée anodine peut parfois nous embarquer très loin 😄 J’espère que la technique t’aidera à en laisser passer quelques-unes !
« Le cerveau funambule » rejoint ma pile de livres à lire qui s’apprête à toucher le plafond… merci pour ces concepts absolument game changers. Mes PAM sont souvent en lien avec l’actualité… et elles se démultiplient en période pré-électorale ! Je tâcherai de les parer avec le CRI.
Merci Sophie pour cet article particulièrement bien écrit 🌟
Ah oui, en période pré-électorale, j’imagine que les PAM doivent s’en donner à cœur joie ! 😄 Je n’avais pas pensé à ce terrain d’application-là pour le CRI, mais il risque d’avoir du travail dans les prochains mois.
Et désolée pour ta pile de livres… la mienne souffre du même problème !
Merci beaucoup pour ton commentaire et pour le compliment sur l’article, ça me fait vraiment plaisir.
C’est assurément encore un article fait pour moi 😉
« Fais une seule chose à la fois », ça, je n’y arriverai jamais. Mais j’y travaille, si si !
J’ai adoré ton image avec le flipper, c’est très parlant et c’est tout à fait ça !
Je vais devoir revenir souvent relire ton article car il présente LA solution, facile à lire, mais saurai-je la mettre en pratique ? Y’a plus qu’à…
Ah, le fameux « fais une seule chose à la fois »… Je crois que c’est justement celui qui mérite le plus d’entraînement 😄
Et rassure-toi, si j’avais trouvé LA solution facile à mettre en pratique, je serais déjà en train de faire fortune avec !
Mais si le flipper commence à ralentir un peu, c’est déjà pas mal