Chaud - Froid Comment s'adapter?

Chaleur douillette ou fraîcheur bienfaisante ?

Tu te souviens, il y a trois ans, quand les prix de l’énergie ont explosé ?
Le gouvernement nous annonçait jusqu’à 9.000€ de supplément de chauffage pour une famille de quatre.

De mon côté, je venais de déménager.
Je savais mon appartement mal isolé… mais pas à ce point.

Cette période m’a beaucoup fait réfléchir. 

Quand je chauffais, j’avais l’impression de chauffer la rue.
Alors j’ai coupé la chaudière en mon absence.

Le soir, en rentrant, il faisait 11 ou 12 degrés.
Je montais à 15 pour la soirée. Pareil le matin.

Résultat : 40€ de gaz et d’électricité par mois.
Soulagement… et, franchement, quel enfer.

Je n’ai pas continué comme ça.
Mais j’ai gardé ce que j’avais mis en place à ce moment-là.

Chauffer moins sa maison : une autre façon de penser le confort

Aujourd’hui, je chauffe à 17 degrés.
Et je suis bien. Moi, la grande frileuse.

Cette expérience m’a permis de me remettre en question :
qu’est-ce qui a changé dans notre rapport à la température ?

Nous savons régler un thermostat, mais nous avons oublié comment s’adapter.

Alors que notre corps sait faire.

Bouger pour se réchauffer.
S’éloigner de ce qui est inconfortable.
Et même, sans qu’on y pense, garder la chaleur là où elle est vitale.

Le corps se débrouille, jusqu’à un certain point bien sûr.

Et nous aussi avons la possibilité d’agir. Nous ne sommes pas un arbre qui ne peut que subir les éléments en attendant des jours meilleurs.

S’habiller.
Se préparer un thé bien chaud.
Mettre un coussin au noyaux de cerises dans le micro-onde 

Pourquoi pas un retour à l’homme des cavernes?

Je ne rêve pas de vivre dans une grotte mais quand même.

Nous nous sommes tellement éloignés des éléments que nous ne supportons plus le moindre inconfort.

Il est devenu normal de chauffer toute une maison pour ne ressentir aucun désagrément en changeant de pièce.

Mais quand j’y pense… c’est vertigineux.

Zéro degré dehors.
Vingt à l’intérieur.
Un écart énorme — devenu banal.

Je dis ça depuis ma passoire énergétique où j’entends la chaudière se déclencher à chaque instant.

Impossible de l’ignorer.

J’ai bien sûr envisagé d’acheter un appartement neuf.
Mais c’est plus cher… et, à mes yeux, sans charme.

J’ai assumé ce choix jusqu’à ce que les prix de l’énergie explosent.

Là, je l’ai regretté. Vraiment.

Et surtout, ça m’a forcée à regarder quelque chose que je préférais éviter :
mon empreinte écologique.

Qui est loin d’être exemplaire.

Les igloos

Je pourrais parler des maisons passives, mais c’est trop loin de moi — alors parlons plutôt des igloos, c’est encore plus loin. 

Ils sont épatants. -30° dehors, zéro à l’intérieur et tout ça uniquement grâce à une présence humaine et éventuellement, une loupiote.

Tu sais comment fonctionne un igloo ? Moi, je ne savais pas vraiment.

On pourrait croire que c’est un abri de fortune, bricolé avec ce qu’on a sous la main.
Mais en réalité, c’est une leçon d’intelligence.

Un igloo n’est pas chaud.
Il est bien conçu.

Les blocs de neige d’abord.
Ils ne chauffent rien du tout.
Mais ils emprisonnent de l’air, et cet air agit comme une barrière contre le froid extérieur.

Ensuite, la forme en dôme.

A l’extérieur, il limite la prise au vent en le laissant glisser sur la surface.
A l’intérieur, la chaleur monte, reste coincée en haut, et se répartit doucement au lieu de s’échapper. 

Ensuite, avec la chaleur du corps (et parfois d’une simple lampe), la surface intérieure de la neige fond très légèrement…
avant de regeler immédiatement.

Résultat : une fine couche de glace se forme à l’intérieur.
Pas froide comme on l’imagine, au contraire.

Elle rend l’igloo plus étanche, donc encore plus efficace pour garder la chaleur.
Comme si l’abri se renforçait tout seul, juste parce qu’il est habité.

Et enfin, l’entrée.
Toujours plus basse que l’espace de vie.

L’air froid descend et reste piégé dans le tunnel.
L’air plus chaud, lui, reste à l’intérieur.

Et à l’intérieur justement, rien n’est laissé au hasard.

Les zones pour s’asseoir ou dormir sont légèrement surélevées pour une raison très simple : se placer là où l’air est le plus chaud (ou le moins froid devrions-nous dire).

Il ne s’agit pas de lutter contre le froid partout mais de de s’installer au bon endroit.

Sans technologie.
Sans bruit.
Sans effort.

Juste avec une compréhension très fine de comment l’air et la chaleur se comportent.

Après le grand froid, la grande chaleur.

Étant Bruxelloise, je suis rarement confrontée aux grandes chaleurs.
Mais à Séville, j’ai découvert des choses inconnues pour une fille du nord.

En plein mois d’octobre, c’était le paradis mais au coeur de l’été, c’est une autre histoire. Ce n’est pas le réchauffement climatique qui est en cause pour une fois, mais le climat ibérique lui-même.

Tous les palais sont équipés de fontaines.
Parfois même à l’intérieur des maisons.

Et la différence de température est immédiate.
Pas spectaculaire comme une climatisation.
Plutôt toute douce.

L’air semblait plus respirable.
Moins lourd.
Comme s’il circulait autrement.

En fait, il se passe quelque chose de très simple.

Quand l’eau s’évapore, elle capte de la chaleur autour d’elle.
Elle “prend” un peu de chaleur à l’air.

Et l’air, en retour, devient plus frais.

Rien de magique.
Juste un échange discret mais très efficace.

Jardin de l’Alcazar à Séville

Je sais, les Sévillans ne vivent pas tous dans des palais.
Moi, c’est ce que j’ai visité — je ne suis pas allée sonner chez les gens.

Mais même dans notre Airbnb, il y avait ce contraste.

Une terrasse sur le toit, baignée de soleil, magnifique… et totalement inutilisable en pleine journée.

Et en dessous, une cour à l’ombre.

Nous pouvions nous y installer, lire, respirer, dehors sans lutter contre la chaleur.

Comme dans un igloo, des zones sont crées afin de les occuper au bon moment.

Chaud VS Froid

J’ai longtemps eu l’impression qu’il était plus facile de vivre dans le froid.

Quand il fait froid, tu t’adaptes.
Tu ajoutes une couche. Puis une autre.
Tu fermes une porte, tu allumes une source de chaleur, tu bouges (c’est l’occasion de faire un peu de ménage tiens).

Et ça fonctionne.

Les intérieurs restent respirables.
Et dehors, il suffit — en théorie — de s’équiper correctement.

Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais équipements.”

J’aime bien cette idée. Elle donne une forme de contrôle.

Mais la chaleur, c’est autre chose.

Tu peux enlever une couche, puis une autre, puis encore une.

Et à un moment, il n’y a plus rien à enlever.

Et pourtant, tu as toujours chaud.

Impossible de fuir complètement.
Impossible de s’en protéger juste avec ce que tu portes.

Et c’est peut-être là que ça devient intéressant.

Parce que ni l’igloo, ni les patios andalous ne reposent sur les performances ou l’utilisation de systèmes énergivores.

Mais plutôt sur la manière dont nous utilisons notre environnement et dont nous habitons l’espace.

Se rapprocher d’une source de chaleur.
Se mettre à l’ombre.
S’installer un peu plus haut.
Ou un peu plus bas.

Créer des endroits où le corps peut souffler quelques instants.

Et nous, dans nos maisons ?

Nous faisons souvent l’inverse.

Nous essayons de rendre tout parfait, partout, tout le temps.
La même température. Le même confort uniforme.

Chez moi, c’est encore le cas.
À part la chambre, je chauffe tout pareil.

Et je commence à trouver ça un peu écœurant.

Alors je me questionne.
J’ai envie de chauffer moins.
Pas seulement à cause du prix de l’énergie — qui a d’ailleurs redescendu —
mais parce que quelque chose, dans cette manière de faire, ne me paraît plus si évident.

Peut-être que le confort n’est pas une température idéale.

Peut-être qu’il tient à autre chose.

À un pull qu’on enfile.
À un thé chaud entre les mains.
À l’endroit où l’on choisit de s’installer, plutôt que de tout vouloir maîtriser.

Et toi, quelle est ton évolution de pensée sur ce sujet?

Laissez votre commentaire

6 réponses

  1. Article super intéressant, merci pour ton point de vue ! Vivant en tiny house, c’est un sujet qui est récurent à chaque saison : comment se rafraichir l’été quand la chaleur à la maison est devenue étouffante et comment se chauffer l’hiver.

    Notre poele a bois ne tiens pas toute la nuit, et il n’est pas rare de se réveiller avec une dizaine de degrés le matin. Je ne vais pas dire que c’est agreable car je prefererais une chaleur douillette, mais en même temps, on prend de nouvelles habitudes (boisson chaude, plaid, pilou pilou). Et au final, l’inconfort ne me gêne plus autant qi’avant 😁

    1. Merci beaucoup pour ton message, ça me fait vraiment plaisir 😊
      Et ton expérience en tiny house est hyper parlante…
      J’aime beaucoup ce que tu dis sur les habitudes qui changent, et le fait que l’inconfort devienne moins gênant avec le temps. C’est assez fascinant en fait.
      Merci pour ton partage

  2. Je me rends compte avec le temps que j’ai de moins en moins besoin de chauffage. Après, je vis dans un appartement très mal isolé donc j’ai aussi appris à faire avec mais je suis d’accord sur un point : oui il suffit de s’habiller comme il faut et oui je préfère dormir plus au frais donc ! J’ai de la chance ! Merci pour ce partage plein de bon sens et de bonnes idées

    1. Merci pour ton message, très parlant.
      Nous pouvons vivre avec moins de chauffage…
      Et oui, “juste s’habiller”, ça change tout — même si ça paraît presque trop simple pour être vrai.
      Et dormir au frais… difficile de faire marche arrière.
      Merci pour ce partage.

  3. Juste quelques ajustements pour l´instant comme mettre le thermostat en mode nuit en plein jour et une double couche pour aller dormir….sous deux couettes déjá existantes!!!!!..Bref je suis frileuse et ai peu de flexibilité á vivre en dessous de 18 degrés!

    1. J’adore, le mode nuit en plein jour c’est déjà un niveau d’optimisation avancé !
      Je comprends tellement, les 18 degrés ce n’est pas donné à tout le monde… et clairement, il y a une part très personnelle dans le rapport au froid.
      Le combo double couche + double couette, c’est du sérieux 👌

Laisser un commentaire