Déco qui me ressemble avec canapé violet, étagères murales et objets personnels

Comment avoir un intérieur qui me ressemble ?

J’adore mon intérieur. Et j’espère que toi aussi — pas le mien, le tien, et qu’il te ressemble.

Je me suis demandé récemment comment j’en étais arrivée là. Pas seulement les choix que j’ai faits, mais tout ce qui les a influencés sans que je m’en rende vraiment compte.

Parce que des choix, il y en a… et puis il y a tout le reste.

Les faux choix

J’ai commandé un carrelage vert pour la cuisine. Sur mon bon de commande, tout allait bien. En réalité, rien ne correspondait : ni le format, ni la couleur. (Je te montrerai la photo — franchement, c’est presque indécent.)

Et pourtant.

Je n’avais pas encore commandé le plan de travail. Et ce vert inattendu m’a vraiment beaucoup plu. Quant au format… est-ce que c’est si important ?

Je me suis adaptée. J’ai choisi un plan de travail très sobre, tout blanc — et bien moins cher, au passage. Comme quoi, même une erreur peut décider à ta place… et parfois mieux que toi.

Non mais franchement, le vert que j’avais choisi est celui que tu vois sur l’écran, j’avais pris la photo au magasin pour la garder en référence afin de choisir le reste.

Les goûts : la base d’un intérieur qui me ressemble

Mon canapé, lui, c’est une autre histoire. Un vrai coup de cœur.

C’est l’un des premiers meubles que j’ai repérés en commençant à travailler dans ce magasin. Il m’a fallu quelques années avant de pouvoir me l’offrir. Et aujourd’hui encore, je ne m’en lasse pas.

Là, difficile de nier : c’est le goût, pur et simple, qui a parlé.

Pour la couleur… je te laisse juger. Disons simplement que je ne connais personne, dans mon entourage, qui ait un canapé violet.

Je ne sais pas si j’ai très mauvais goût, mais en tout cas, c’est du 100 % personnel.

L’influence de l’environnement

J’aime trois tables d’un même univers contemporain — et grâce à mes déménagements successifs, j’ai réussi à les avoir toutes.

La première, je l’ai laissée dans mon ancienne maison, mais j’envisage sérieusement de la racheter en version table basse. La seconde est devenue mon bureau. Et la troisième trône dans ma salle à manger, que j’utilise peu, mais qui est très pratique pour déposer les courses en rentrant.

Ces choix-là ne sont pas innocents. Mon travail a eu une influence énorme — simplement parce que je ne connaissais pas tous ces modèles avant d’y être exposée chaque jour. À force de manipuler, de conseiller, certaines choses finissent par s’imposer comme une évidence.

Le confort

Pour les chaises, je ne peux pas dire que j’ai eu un coup de cœur immédiat. Mais un soir, au restaurant, je me suis assise sur un modèle incroyablement confortable. Et là, c’était limpide.

Ma première idée était d’en prendre plusieurs différentes — mes préférées, toutes réunies autour de la table. Très joli sur le papier. Mais au moment de s’asseoir… qui aurait eu la chaise la plus confortable ? Pas moi, assurément. Ça a calmé mes élans créatifs.

Je repense parfois à des clients qui cherchaient un canapé très confortable. Je leur montre un modèle. Réaction immédiate : ils le détestent. Je les pousse quand même à l’essayer. Ils s’installent… et là, silence.

Puis : « Bon… c’est le plus confortable qu’on ait essayé. »

Mais ils le détestent toujours autant. Résultat : ils repartent sans rien. Les canapés qu’ils aiment ne sont pas assez confortables. Et celui qui coche toutes les cases leur semble affreux. Impasse parfaite.

Ils sont revenus quelques semaines plus tard. Après avoir tout essayé ailleurs, ils revenaient, chaque fois, à ce « vilain modèle »… un peu moins vilain, déjà…

« Est-ce qu’on peut jouer avec le tissu pour améliorer le résultat ? »

Bien sûr.

En fin de compte, le canapé qu’ils n’aimaient pas leur est devenu de plus en plus beau. Pas parce qu’il n’était pas si moche — mais parce qu’il leur apportait, chaque jour, une satisfaction totale. Comme si le confort finissait par modifier le regard.

Le prix, évidemment

Un meuble hi-fi, soyons honnêtes, ce n’est vraiment pas beau. Alors est-ce que j’ai envie de payer une fortune pour un meuble qui sert à mettre en valeur… un ampli ? Certainement pas.

Mais est-ce que j’ai envie d’un meuble IKEA au milieu de mon salon ? Pas vraiment non plus.

Me voilà bien.

J’ai fini par me tourner vers Kewlox — une marque belge, au look un peu industriel, qu’on retrouvait plutôt dans les caves et les garages à une époque, et qui s’invite maintenant très bien dans un salon. Comme quoi, même les meubles ont droit à une seconde carrière.

Bon, je critique IKEA… mais je ne suis pas complètement cohérente. J’ai chez moi un petit fauteuil que j’adore, qui occupe même une très belle place dans mon salon. Je l’ai tellement fréquenté — des heures à attendre mes rendez-vous pour la cuisine — que j’ai fini par vouloir le même chez moi (ne me demande pas son nom).

Franchement, pour le rapport qualité-prix, c’est difficile de faire mieux. Comme quoi, même les principes savent s’adapter… surtout quand tu es bien assise.

L’ego ou l’intérieur que je veux montrer

C’est moyennement glorieux, mais il faut aussi citer l’ego.

D’une certaine façon, il y a un côté showroom chez moi. Tout a l’air choisi. Du mobilier reconnaissable, des objets soignés. Un intérieur qui raconte quelque chose sans que j’aie besoin de parler.

Pendant longtemps, j’ai aimé ça. Que ce soit lisible. Et, soyons honnêtes… que ça impressionne un peu. Juste ce petit temps d’arrêt en entrant. Ce moment où quelqu’un se dit : « ici, c’est différent. »

Je crois que j’ai pris pas mal de décisions avec ça en tête. Pas seulement « est-ce que ça me plaît ? » mais aussi « qu’est-ce que ça raconte ? »

Aujourd’hui, c’est plus calme. Moins de gens viennent, moins de regards… et pourtant, presque rien n’a changé. Je continue à choisir, à déplacer, à ajuster. Sans public. Ce qui doit vouloir dire que je ne fais pas tout ça pour les autres. Mais peut-être pas uniquement pour moi non plus.

Il y a cette télé dans la cheminée, par exemple. Je ne la regarde pas. Mais quand j’ai des invités, je lance un feu sur YouTube. Parfaitement inutile — et je la garde quand même. Je ne sais pas très bien si c’est pour moi… ou pour l’idée de moi.

Je me suis déjà posé la question franchement : est-ce que j’aime les belles choses ? Ou est-ce que j’aime qu’on voie que j’aime les belles choses ?

Question un peu désagréable.

Je pourrais dire qu’aujourd’hui, je fais tout pour moi. Ce serait plus simple. Mais je crois plutôt que le regard des autres ne disparaît jamais vraiment.

Si je pouvais tout recommencer, ce serait sans doute moins maîtrisé. Peut-être moins impressionnant, mais plus vivant. Comme quand je récupérais de vieux objets à droite à gauche et que je les transformais.

Tout se mélange, finalement pour former un intérieur qui nous ressemble : les goûts — pas aussi personnels qu’on le croit —, le confort qui lutte avec l’esthétique, la pression sociale qu’on attribue volontiers aux autres…

Je me demande parfois si je vis vraiment chez moi. Ou un peu chez ma mère, un peu sur mon lieu de travail, un peu chez mes voisins, mes amis, mes collègues…

Bizarre, quand j’y pense.

Et toi… tu vis chez toi ?

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10 réponses

  1. Bon, déjà sache que j’adore la présentation d e ton blog qui m’a bien fait rire.
    Autrement, pour ce qui est décoration, tu as raison, je ne peux plus me voir en peinture les images d’intérieurs qui se ressemblent tous ! Ca n’a aucun charme et aucune personnalité. Mais la limite entre le bon gout est le mauvais goût est souvent personnel et très difficile à détailler.

    1. Merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir 😄
      Et je suis complètement d’accord avec toi, cette uniformisation des intérieurs… ça finit par être un peu triste.
      Pour le “bon” ou le “mauvais” goût, j’ai l’impression que ça devient intéressant justement quand ça s’éloigne un peu des codes, même si ce n’est pas parfait.
      Tant que ça raconte quelque chose.

  2. On a tout quitté pour vivre autrement, en voyage en bateau sans date de retour pour le moment.
    Mais on a gardé tous nos meubles d’avant, qu’on avait choisis avec soin.
    Comme si cet intérieur nous ressemblait vraiment.
    Donc oui, je pense qu’on vivait chez nous… et peut-être qu’on y reviendra un jour.

    1. C’est une très belle manière de le dire.
      J’aime beaucoup cette idée d’avoir tout quitté… sans renier ce que vous aviez construit avant.
      Comme si cet intérieur faisait toujours partie de vous, même à distance.

  3. J’avoue ne jamais avoir pensé mon intérieur particulièrement et si j’imagine qu’il raconte des choses sur moi, il doit surtout dire que je n’aime pas m’encombrer. Depuis le COVID et 2 déménagements j’ai fait du ménage par le vide et on peut le dire mon intérieur est épuré 🙂 Merci pour cette mise en perspective qui fait réfléchir 😉

    1. Merci pour ton message 🙂
      Ce “pas vraiment pensé” est intéressant… parce que souvent, nos choix les plus justes ne passent pas par la tête.
      Et cet intérieur épuré, après deux déménagements, il raconte sûrement plus qu’un simple tri d’objets 😉
      Merci pour ce partage, ça ouvre une jolie réflexion.

  4. Salut, pour ma part, je ne vis plus chez moi, je me sens étrangère dans la maison où je vis….j’y dors…..souvent mal et puis je la fuis pour aller travailler, faire du sport et du shopping ……ce sue je ressens? la vie est ailleurs tant qu’elle ne pourra héberger une relation humaine fondamentale……Entretemps une émotion forte m’envahit chaque jour quand je rentre chez moi et que ma chatte se précipite avec des ronronnements et des demandes de caresses pour m’accueillir…..je vis chez mon chat!

    1. Ton commentaire me touche beaucoup parce qu’il montre parfaitement qu’un “chez-soi” ne se résume pas à quatre murs.
      Parfois, une maison reste un simple endroit où dormir… pendant que le chat, lui, a enfin trouvé quelqu’un qui vit chez lui 😸

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