Vivre dans un petit ou dans un grand espace ?

Petit logement : choix ou contrainte ?

Il y a bientôt six ans, je me suis installée dans un appartement de 55m2. Je l’appelais ma « cabane dans les bois« . Je ne sais pas si je peux parler d’un choix ou d’une contrainte, c’est entre les deux je crois.

En réalité, c’était un petit appartement dans une maison de maître, qui donnait sur un boulevard très fréquenté, mais bordé d’arbres. Du haut de mon deuxième étage, je ne voyais qu’eux.

Les petits espaces ont quelque chose de rassurant. Du fond de mon canapé, je pouvais presque tout voir. Et même aller aux toilettes avec mon casque filaire sur les oreilles 😉.

Tiny House

Dans le même esprit, j’ai lu l’histoire d’un homme qui avait construit une tiny house sur son terrain. Il était heureux de vivre sans superflu, de passer moins de temps à entretenir et de pouvoir utiliser son budget autrement.

Ensuite, la vie a suivi son cours – une femme puis deux enfants.

La tiny house est devenue trop étroite. Que faire ? En construire une deuxième pardi ! Et son ancienne maison devint son bureau.

Lui a pu s’adapter, faire évoluer le dispositif à sa façon. moi, j’ai buté contre une limite différente.

Au bout de deux ans dans ma cabane, je me suis sentie à l’étroit, j’ai commencé à tourner en rond. Pas de bureau, pas d’atelier pour créer – et surtout, je louais.

Impossible de transformer, d’adapter, d’expérimenter. Moi qui adore peindre, modifier, parfois même casser pour mieux reconstruire, je me suis ennuyée.

Le moment où tout bascule

C’est comme ça que j’ai cherché à acheter un appartement.

Il paraît qu’il est souvent plus intéressant financièrement de louer et d’investir son argent ailleurs. Très bien mais quand tu veux créer un endroit qui te ressemble vraiment, tu dois pouvoir le transformer à ton image.

Vivre dans un espace pensé par quelqu’un d’autre, sans pouvoir y toucher, pour moi, c’est impensable. J’imagine que c’est mon métier d’architecte d’intérieur qui veut ça.

Quoi qu’il en soit, pour cet homme avec ses Tiny house multiples ou moi avec ma cabane, vivre dans un petit espace était un choix, c’était momentané et appelé à évoluer.

A partir de là, quelque chose change.

Vivre dans un petit espace n’est pas le problème. Se dire que moins, c’est mieux – pourquoi pas. Alléger, simplifier, respirer – oui.

Mais à condition que ça soit un choix. Parce qu’un petit espace choisi n’a rien à voir avec un petit espace subi.

Quand j’étais dans ma cabane, j’aimais cette sensation d’être contenue et protégée. Tout était à portée de main, rien ne débordait. c’était simple et rassurant.

Puis cette simplicité est devenue limitante, et là, ça n’a plus rien de poétique.

Nous entendons beaucoup parler de minimalisme, de sobriété, de vivre avec peu. Sur le papier, ça fait rêver, ça devient un idéal à atteindre mais dans la vraie vie, c’est une autre histoire.

Les limites d’un petit logement

Parce que derrière certains choix de petits espace, il manque parfois… le choix justement.

Il y a un budget qui ne suit pas.
Un marché immobilier qui s’emballe.
Des compromis acceptés faute de mieux.

Et petit à petit, s’installe l’habitude, le mode adaptation, puis tu finis par te raconter que « ça suffit largement ».

Alors que parfois, non, ce n’est pas suffisant.

Pas pour travailler correctement.
Pas pour créer.
Pas pour s’isoler en cas de besoin.
Pas pour accueillir la vie quand elle s’agrandit.
Et surtout pas pour se projeter.

Parce qu’un espace, ce n’est pas juste des mètres carrés, c’est aussi ce qu’il permet… ou ce qu’il empêche.

Je n’ai pas de réponse toute faite, mais la question mérite d’être posée : à quel moment le « vivre avec peu » devient une manière élégante de faire avec pas assez?

Et l’inverse existe aussi. Dans mon métier, je vois parfois des volumes immenses, difficiles à habiter — de grands salons à n’en plus finir, et au final, une sensation de vide. Trop d’espace peut perdre, isoler, et n’est pas vraiment convivial.

L’espace idéal n’est ni trop grand ni trop petit. C’est celui qui correspond à ce que tu vis, à ce que tu es — et que tu as pu choisir.

Et toi, tu en es où avec ton espace ? Plutôt à l’étroit ? un peu perdue ? Ou parfaitement bien là où tu es ?

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12 réponses

  1. Merci pour cet article qui me parle complètement en ce moment. Nous avons agrandi la maison pour avoir chacun une chambre (envie, besoin) et en même temps je me sens envahie par la charge d’entretien en plus et le coût financier que ça engendre… pareil je n’ai pas de réponses à ce dilemme intérieur mais rien que le fait de lire que le minimalisme (auquel j’aspire!) n’est pas une fois en soi quand le « pas assez » pointe son nez… à méditer!

    1. Merci pour ton message, c’est exactement ce tiraillement que j’avais en tête en écrivant.
      Plus d’espace… mais aussi plus de charge.
      Et ce lien avec le minimalisme est intéressant : est-ce un choix, ou une manière de composer avec autre chose ?
      Pas de réponse toute faite non plus ici, mais ta réflexion résonne beaucoup.

  2. J’ai beaucoup aimé ta réflexion. De mon côté, j’ai aussi évolué : j’ai aimé les grandes maisons, puis un peu moins avec le temps. Nous sommes passés de 270 m² à 180 m², et pour l’instant cela nous convient très bien. Moins d’entretien, moins de charges… et finalement plus de temps pour l’essentiel. Peut-être qu’un jour nous choisirons encore plus petit, pour continuer à gagner en liberté et en sérénité. Merci pour cet article qui fait vraiment réfléchir 🙏

  3. Nous vivons dans une très grande maison , au début j’ai trouvé ça génial ! Mais avec le temps et cette impression de ne jamais réussir à avoir toute la maison propre en même temps , je me prend à rêver à un petit appartement de plain-pied✨😉

    1. Ah, le syndrome de la grande maison jamais entièrement propre au même moment — tu mets des mots sur ce que beaucoup ressentent sans oser l’admettre ! 😄 Il y a quelque chose de très libérateur dans l’idée d’un espace que l’on peut vraiment maîtriser, où le rangement d’une pièce ne signifie pas qu’une autre se désorganise en coulisse. Il y a peut-être une solution intermédiaire entre la très grande maison et le petit appartement de plain-pied 😉

  4. Il y a quelque chose de très juste dans cet article. En tout cas je peux m’identifier à cela. On peut aimer un petit espace au point de s’y sentir protégé, et puis un jour, sans vraiment s’en rendre compte, cette même protection devient une cage. Personnellement, j’ai habité (en couple) dans un 35m2 pendant … longtemps… 7 ans ! Au début c’était top. On avait d’ailleurs appelé l’appartement (aussi au 2e etage 😉 notre cocon. Puis, on grandit, on avance et les choses s’accumulent. On ne peut repousser les murs. Alors on se sent surchargé. Le besoin de chacun évolue également et on a l’impression de ne pas pouvoir ouvrir les ailes. Et là on s’est dit que c’est vraiment le moment de changer. Très difficile à trouver un logement dans la ville où je suis, on a, sans s’en le vouloir, fait appel au pouvoir de l’intention. Et ça marche ! 🙂

    1. Merci pour ton message, je trouve ça très juste : le cocon qui rassure… puis qui finit par serrer un peu trop fort.
      7 ans à deux dans 35 m², vous avez clairement testé le concept jusqu’au bout 😄
      Et ce moment où on se dit “là, ça ne va plus être possible”… il est assez imparable.
      Pour le pouvoir de l’intention, je me demande toujours si ce n’est pas surtout le moment où tu arrêtes de tergiverser… et où tu commences enfin à voir les portes qui étaient déjà là 😉

  5. Bonjour, un besoin de repenser l´espace de vie, d´y trouver mon identité, où la lumière est sûrement reine pour inspirer la reflexion et l´imagination…….mais avant tout le penser et lui donner vie á deux, pour devenir le lieu d´anecdotes, de doux souvenirs, de rires et d´échanges constructifs…

    1. Il y a quelque chose de très juste dans ce que tu dis.
      L’idée de penser un lieu à deux, de lui donner une identité, et d’en faire un espace vivant, rempli de souvenirs et d’échanges… ça résonne vraiment.

  6. Je suis bien d’accord avec toi. On a tous des valeurs et des besoins différents, il est important de trouver ce qui nous correspond côté espace de vie et surtout ne pas copier les autres. Quand je vais chez des clients, je leur pose bcp de question pour savoir le pourquoi du comment, surtout quand ils me disent ne pas avoir assez de rangement et qu’ils vie dans des grands volumes.

    1. Nous avons un chouette métier pour ce qui est de l’échange avec les clients, comprendre leurs besoins et leurs habitudes pour pouvoir coller exactement à leurs souhaits.

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