Chemin dans les dunes illustrant la recherche de sens de la vie après 50 ans.

Donner du sens à sa vie

Je crois que beaucoup de femmes se demandent quel sens donner à leur vie après 50 ans, surtout quand certains rôles commencent doucement à disparaître.

Comme tu le sais, j’ai 50 ans.
Je suis célibataire, sans enfant et je viens de passer une semaine à lire des livres sur la vieillesse féminine. Je t’avoue que ça m’a un peu déprimée.

J’y ai appris qu’on devient femme quand on a ses règles.
Très bien.

Mais alors… qu’est-ce qu’on devient quand on ne les a plus ?

Curieusement, personne ne répond vraiment à cette question.

Quand tu as des enfants, tu passes bien sûr des années à t’occuper d’eux, tu consacres toute ton énergie à les faire grandir correctement. Pas seulement les nourrir ou les conduire au sport. Non. Les aider à devenir la meilleure version d’eux-même.

Les rassurer,
Les encourager,
Leur apprendre la politesse,
Gérer les devoirs,
Ecouter les chagrins amoureux,
Construire une cathédrale miniature à la Gaudi pour présenter le dernier travail de ton fils sur Barcelone,
Prétendre calmement que tout est sous contrôle alors que le burn-out est à deux doigts de t’emporter.

Et puis un jour, les enfants grandissent, partent, vivent leur vie… et une question un peu étrange apparaît parfois dans le silence retrouvé : « Et moi, qu’est-ce que j’ai envie de devenir maintenant » ?

Chercher du sens après 50 ans quand les rôles changent

Cette période risque d’être courte, car si les enfants ont grandi, s’ils ont étudié, avec un peu de chance et beaucoup de volonté, trouvé un travail, se sont installés, qu’est-ce qui arrive ? Les petits-enfants. Et c’est reparti pour un tour.

Garde du mercredi,
Purée maison,
Bricolage,
Déguisement de pirate ou de fée,
Surveillance de toboggan sous la pluie et j’en passe…

Si cette liste te semble encore un peu courte, j’en ai compilé une version beaucoup plus exhaustive dans mon article : Procrastination : et si le problème c’était la liste, pas toi ?

Après 50 ans, les femmes deviennent-elles invisibles ?

Bien sûr, il ne s’agit pas là de mon vécu mais je pense que toutes, nous nous retrouvons à un moment face à ce constat : et moi ? A quel moment ai-je le droit de d’exister autrement que par ce que j’apporte aux autres ?

Parce qu’après 50 ans, il se passe aussi quelque chose d’assez particulier.

Petit à petit, nous devenons… moins visibles.

Pas forcément de façon dramatique d’ailleurs.

Disons simplement que personne ne nous propose spontanément de devenir égérie Dior ou de danser sur TikTok en brassière à paillettes. D’ailleurs, je n’ai jamais ouvert TikTok, les shorts sur YouTube ne m’intéressent pas (sauf mon compatriote Guihome qui me fait beaucoup rire).

Mais revenons à cette histoire d’invisibilité.
Au début, je pensais que le problème venait simplement de moi. Après une séparation qui t’envoie émotionnellement dans une cave humide sans lumière pendant plusieurs années, il faut reconnaître que tu ne dégages pas exactement l’énergie d’une influenceuse bien hydratée faisant du paddle au coucher du soleil.

Et puis, petit à petit, alors que j’allais mieux, je me suis rendu compte d’une chose plutôt vexante : ce n’était pas seulement moi. C’était aussi mon âge.

Quel sens donnons-nous à la vie des femmes plus âgées ?

Du coup, j’ai commencé à observer ma propre façon de regarder les femmes plus âgées que moi. Est-ce que je les vois comme des personnes encore pleines de vie… ou comme des pensionnées organisant stratégiquement leurs courses à 8h32 précises avant de rentrer regarder Ça commence aujourd’hui avec une tisane ?

L’autre jour, j’ai croisé une petite dame très discrète à la caisse du supermarché. Coupe courte un peu dépassée, cabas à roulettes, veste beige. Le genre de personne que l’on traverse du regard sans même y penser.

Mais en fait, peut-être qu’elle rentrait d’un week-end clandestin à Rome avec son amoureux rencontré dans un cours d’aquarelle. Peut-être qu’elle écrit des romans policiers sous pseudo. Peut-être qu’elle danse le tango tous les jeudis soir. Peut-être qu’elle a une collection impressionnante de lingerie léopard cachée derrière ses boîtes de chicorée. Ou peut-être qu’elle fait juste exactement ce qu’elle veut de ses journées sans demander l’avis de personne.

Comment se fait-il que nous nous permettions de regarder les autres en fonction de leur âge et de les assommer immédiatement de préjugés ?

Je crois que j’ai envie de changer mon regard sur les autres depuis que je me rends compte que celui des autres sur moi dit plus sur leurs projections que sur ma vraie vie.

Derrière les rides, une vie intérieure immense

Parce qu’en réalité, derrière les rides, les corps qui changent et les peaux qui pendent un peu plus qu’avant, il y a encore des mondes entiers et mille façons de donner du sens à sa vie.

Des femmes qui ont envie de tout recommencer,
Des projets qu’on n’ose même pas raconter à table,
Des playlists secrètes,
Des coups de cœur absurdes,
Des envies de solitude,
Des messages qu’on relit dix fois avant de les envoyer,
Des passions tardives,
Des fous rires,
Des deuils aussi.

Je ne suis pas sûre que cette transparence nouvelle soit une catastrophe en soi, il n’y a qu’à voir la valeur de la cape d’invisibilité dans Harry Potter pour se rendre compte de l’utilité que ça peut avoir.

Peut-être que c’est la liberté.

À 50 ans, alors que j’étais censée devenir plus discrète, plus raisonnable et probablement me passionner pour des comparatifs d’aspirateurs silencieux, je me suis lancée dans un nouveau projet pour donner du sens qui a pris la forme d’un nom de domaine sur internet. C’est fou comme quelque chose de si petit dans l’immensité d’internet peut prendre de la place.

Pas parce qu’il est important aux yeux du monde.
Mais parce qu’il l’est devenu pour moi.

Et toi, est-ce que tu t’es déjà sentie traversée du regard ? J’adorerais lire ton histoire en commentaire.

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5 réponses

  1. Merci beaucoup
    Je me suis souvent sentie invisible dans ma vie même à presque 50 ans et en ayant 4 enfants
    Je mettais ça sur le compte du manque de confiance en moi
    Belle journée à nous toutes, les femmes de tout âge

    1. Merci pour ton message ❤️
      C’est justement ce qui m’a frappée en écrivant cet article : on peut se sentir invisible dans des vies pourtant très remplies et entourées. Comme quoi, ça va bien au-delà du nombre d’enfants ou de la situation de chacune.

  2. Du haut de mes 73 ans, ayant eu 4 enfants (au moins puisque j’ai élevé aussi chez-moi des cousins, des petits enfants…), en ayant travaillé à temps plein pendant 25 ans dans un milieu que je qualifierais de « difficile » (psychiatrie), je peux te dire que j’ai ressenti malgré notre différence, tout ce que tu décris.
    Ce que je retiens en particulier : ce paragraphe « Derrière les rides, une vie intérieure immense ». Et j’ajouterais « pas qu’une vie intérieure. Plus le temps avance, mieux on s’organise dans cette nouvelle vie et plus on a d’activités.
    Et, comme toi, je suis sur internet ET dans mon jardin, mais pas que…
    Le principal est de rester ancré dans le réel.

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