Table de jardin colorée éclairée par des lanternes, illustrant les changements et les nouvelles priorités après 50 ans.

Ce qui change à 50 ans (à 10 ou 20 ans près…)

Cette semaine, c’est mon anniversaire. 51 ans.

Et pour la première fois, je m’offre un article. 

Je n’aurais jamais imaginé que ce serait un jour un cadeau. Encore moins un cadeau qui me ferait autant plaisir.

En regardant les douze derniers mois, je me suis rendu compte d’une chose : cette première année dans la cinquantaine a été bien plus belle que je ne l’aurais imaginé.

Pourtant, je ne peux pas dire que la vie m’ait distribué les meilleures cartes ces dernières années. Comme beaucoup, j’ai connu des deuils, des ruptures et des périodes où j’ai eu l’impression que la vie s’acharnait un peu. Et c’est justement pour ça que je suis assez fière de ce que j’en ai fait.

En écrivant cet article, je me suis aussi aperçue d’une chose. Je n’ai pas soufflé cinquante bougies et comme par magie, développé une passion pour les bonnes nuits, les sandales de marche ou les soirées qui se terminent avant minuit. Les changements sont arrivés bien avant, à leur rythme. Mon anniversaire m’offre simplement une bonne excuse pour les regarder de plus près. 

En voici 7 qui m’ont particulièrement marquée.

1. Le placard se réorganise tout seul

Je ne me suis jamais dit : « À partir d’aujourd’hui, je ne porterai plus que des vêtements confortables. »

C’est pourtant l’histoire que raconte mon placard aujourd’hui.

Que ce soit les vêtements qui me serrent un peu trop après le repas.

Ou ceux qui demandent de rentrer le ventre toute la journée (je me tiens souvent avec l’élégance très naturelle des enfants en maillot de bain, ventre bien en avant).

Ou encore ceux qui me rappellent que mes bras ont décidé de faire connaissance avec les « coucou Mamy ».

Ils disparaissent peu à peu pour laisser la place à des pantalons à élastique et des chemises « over size ». Quelle aubaine cette mode ! Elle me permet d’être « fashion » tout en pouvant respirer, manger et me tenir normalement.

2. Je récupère plus lentement (mais j’anticipe mieux)

À 30 ans, je pouvais rentrer tard, boire quelques verres de vin, dormir cinq heures et aller travailler le lendemain comme si de rien n’était.

Enfin… c’est ce que je croyais.

Aujourd’hui, les règles du jeu ont changé.

Quand je dépasse certaines limites, mon corps me le fait savoir avec une efficacité redoutable. Plus besoin d’attendre plusieurs jours : le lendemain, je bascule directement dans le Monde à l’Envers de Stranger Things.

Autant te dire que j’évite d’y réserver un week-end.

La bonne nouvelle, c’est que j’ai appris à anticiper.

Si je sais qu’une soirée est prévue, je veille à bien dormir les jours précédents. Si je rentre tard, je sais que le lendemain ne sera pas la journée idéale pour prendre une grande décision ou écrire un article.

Et, surtout, j’ai découvert quelque chose d’assez étonnant : je ne vis plus ces limites comme une punition.

Elles ressemblent davantage au mode d’emploi que mon corps essayait de me donner depuis des années.

Je peux toujours choisir de l’ignorer.

Mais je sais désormais exactement combien ça va me coûter.

3. J’assume mieux mes bizarreries

Il y a encore quelques années, je n’aurais jamais imaginé traverser Bruxelles avec des sandales de marche.

Aujourd’hui, je les enfile presque tous les matins.

J’ai pris l’habitude d’aller travailler à pied. Une marche rapide qui ajoute environ 4 500 pas à ma journée sans jamais me donner l’impression de faire du sport. J’y gagne de l’énergie, des idées… et quelques kilomètres.

Bien sûr, je n’assume pas complètement au travail. Mon placard à chaussures s’est doucement déplacé dans l’armoire derrière mon bureau. Mes sandales me déposent au bureau et mes chaussures de ville prennent le relais jusqu’au soir.

4. Je vieillis de partout

Je me souviens très bien du jour où je m’en suis vraiment rendu compte.

J’étais assise sur la terrasse de mon ancienne maison. Je regardais quelque chose sur mon iPad lorsque le soleil s’est reflété sur mon cou. La lumière accentuait chaque pli. Je ne les avais jamais vus comme ça.

Pendant quelques secondes, je me suis demandé à qui cette chose appartenait.

Quelques années plus tôt, j’avais fait des injections de Botox et d’acide hyaluronique chez une dermatologue.

Je comprends donc parfaitement pourquoi nous y avons recours. Certaines actrices me donnent encore parfois envie. D’autres me donnent envie de courir dans la direction opposée.

Moi, j’ai arrêté le jour où mon médecin a décidé d’injecter du Botox dans mes rides d’amertume.

Le résultat n’était pas catastrophique.

Mais ma bouche était devenue si figée que j’avais l’impression de moins bien goûter les aliments. Comme si elle ne bougeait plus assez pour me permettre de savourer ce que je mangeais.

À ce moment-là, j’ai compris quelque chose. Je n’avais pas trouvé la solution au vieillissement. J’avais simplement trouvé ma limite.

Et puis, une autre question s’est imposée. Admettons que je règle le problème du cou. Je fais quoi ensuite ?

Les mains ? Les bras ? Les paupières ? Les rides autour de la bouche ?

À partir de quel moment je commence, et où je m’arrête ?

Décidément, il y a trop de boulot.

Alors, je continue parfois à regarder certaines actrices en me disant : « Quel résultat incroyable ! » Et, la minute d’après, d’autres me rappellent pourquoi j’ai arrêté.

Finalement, je reviens toujours à la même question : pour quoi suis-je prête à souffrir ?

La semaine dernière, je répondais que j’étais prête à souffrir pour construire quelque chose qui compte vraiment.

Mais pour quelques rides en moins ? Non.

5. Les plus belles journées ne sont pas les plus photogéniques

Il y a quelques années, les bonnes journées me semblaient presque tomber du ciel.

Certaines étaient merveilleuses, d’autres franchement pénibles, sans que je comprenne vraiment pourquoi.

Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir enfin trouvé quelques morceaux du mode d’emploi.

Je sais que je dormirai mieux si je ne bois pas de vin la veille. Que quelques milliers de pas ou un cours d’aquabike changeront mon humeur. Ou encore qu’une soirée calme vaut parfois bien plus qu’une sortie.

Bien sûr, ça ne marche pas à tous les coups. Je peux encore me réveiller du mauvais pied sans raison apparente.

Mais les bonnes journées ne sont plus seulement une question de chance. Elles sont devenues un peu plus prévisibles.

Je crois même que c’est ce qui me surprend le plus dans cette cinquantaine.

Je ne contrôle pas davantage la vie. Mais je contrôle simplement un peu mieux les conditions qui me permettent de m’y sentir bien.

J’ai longtemps cru que le bonheur arrivait par surprise. Aujourd’hui, je sais qu’il apprécie aussi que je lui prépare un terrain favorable.

6. Je dis plus facilement non

Il y a quelques années, dire non me demandait une énergie folle.

Pas seulement au moment de prononcer le mot. Avant.

Je pouvais passer des heures à peser le pour et le contre, à imaginer la réaction de l’autre, à chercher la formulation parfaite pour ne vexer personne.

Et puis, très souvent… Je ne disais rien.

Aujourd’hui, ce n’est pas que c’est devenu facile. Je déteste toujours décevoir les gens. Mais je me pose une autre question.

Au lieu de me demander uniquement ce que les autres vont penser, je me demande aussi ce que, moi, j’ai réellement envie de faire. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis d’assumer certaines préférences, comme le fait de ne pas aimer voyager.

Certes, je dis non plus souvent qu’avant mais mes oui me ressemblent davantage.

7. Nous ne vivons pas toutes la même chose

Impossible d’écrire un article sur la cinquantaine en tant que femme sans parler de ménopause.

De mon côté, je suis toujours sous traitement hormonal. J’explique pourquoi dans mon article consacré aux douleurs chroniques. Je ne vis donc pas encore les changements dont beaucoup de femmes de mon âge me parlent.

Quand ce sera mon tour, je t’en parlerai certainement ici. En attendant, je préfère te renvoyer vers le blog Ménopause Confort de Sabine. Elle en a fait le cœur de son travail et y partage de nombreux conseils pour traverser cette période.

Un dernier pour la route

J’ai identifié mes pires fréquentations : les personnes qui proposent un dernier verre. Malheureusement, il m’arrive encore d’en faire partie.

Finalement, je ne sais pas très bien si ce sont mes 50 ans qui m’ont changée ou si j’ai simplement fini par écouter un peu plus la femme que j’étais déjà devenue.

Une chose est sûre : je n’échangerais pas cette année contre une peau plus lisse, une nuit blanche sans conséquence… ou une garde-robe remplie de pantalons qui empêchent de respirer.

Et toi ?

Si tu devais écrire ton propre article « Ce qui change à 50 ans, à 10 ou 20 ans près… », quel serait ton premier point ?

Je serai vraiment curieuse de lire ta réponse dans les commentaires.

Et, en attendant, je vais souffler mes 51 bougies.

Sans rentrer le ventre.

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18 réponses

  1. J’ai souri du début à la fin ! 😄
    Tu parles du temps qui passe avec tellement de légèreté, d’humour et d’autodérision qu’on se reconnaît sans jamais avoir le moral dans les chaussettes. Le passage où tu racontes le reflet de ton cou au soleil m’a particulièrement touchée. Tu mets des mots très justes sur un moment que beaucoup de femmes ont vécu, souvent en silence. Et puis cette dernière phrase sur les 51 bougies « sans rentrer le ventre »… elle m’a fait éclater de rire !
    Merci pour ce joli mélange de sincérité, d’humour et de bienveillance.

    1. Ton commentaire me touche énormément, d’autant plus qu’il vient de quelqu’un qui écrit avec autant de bienveillance sur les femmes et la ménopause.
      J’avais envie de parler du temps qui passe autrement : sans le nier, mais sans le transformer non plus en catastrophe. Si tu as souri du début à la fin, alors j’ai atteint mon objectif.
      Et je suis ravie que mon pauvre cou au soleil ait trouvé une alliée ! 😄

  2. Bonjour Sophie. C’est tellement ça ! Et finalement tu as raison, l’idéal est de prendre tous ces changements avec philosophie et les accepter comme une nouvelle (meilleure) version de nous même. Merci pour cet article plein de fraicheur.

    1. Merci beaucoup ! 😊 Je suis ravie que l’article t’ait parlé. J’ai l’impression que résister à ces changements les rend souvent plus difficiles, alors que les accepter permet parfois de découvrir une version de soi plus libre et plus apaisée. Et puis, il faut bien l’avouer, certaines choses sont vraiment plus agréables à 50 ans qu’à 20 ! Merci d’avoir pris le temps de me lire et de laisser ce si joli commentaire.

  3. J’ai souri plusieurs fois en lisant ton article, parce qu’on s’y reconnaît facilement, même quand on n’a pas exactement 50 ans. 😊 J’ai particulièrement aimé l’idée que certaines choses changent presque à notre insu : le contenu du placard, notre rapport au sommeil, à l’énergie ou même à nos petites bizarreries. Au fond, ce que je retiens, c’est qu’avec les années, on ne devient pas forcément plus raisonnable, mais souvent plus lucide sur ce qui nous fait du bien… et sur ce que l’on n’a plus envie de négocier. Une réflexion à la fois drôle, tendre et très juste

    1. Merci beaucoup, ton commentaire me touche énormément. C’est exactement ce que j’espérais transmettre : ces petits changements qui s’installent discrètement, sans faire de bruit, jusqu’au jour où certaines choses n’ont tout simplement plus la même importance. J’aime beaucoup cette idée de lucidité. Elle apporte une vraie liberté : celle de choisir davantage ce qui fait du bien et de laisser le reste de côté, sans culpabiliser. Merci d’avoir pris le temps de partager ton ressenti.

  4. Il est super ton recul sur les années. j’ai aussi passé la barre des 50 ans et comme toi je fais les même constats. Le plus dur c’est que je ne récupère plus aussi vite quand je sors tard et j’essaie d’en tenir compte. Je prends plus soin de moi que quand j’avais 20 ou 30 ans et surtout j’écoute plus mon corps ! Je profite aussi plus des petits moments et je ralenti, malgré mon tempérament à être encore actif.

    1. Merci beaucoup ! 😊 Je me retrouve complètement dans ce que tu écris. Le corps finit par imposer son rythme, mais finalement ce n’est pas forcément une mauvaise chose. J’ai l’impression que cette écoute permet aussi de profiter davantage des bons moments, justement parce qu’ils deviennent plus précieux. Merci d’avoir partagé ton expérience !

  5. Je me reconnais tellement dans ton article. J’ai aussi passé la barre des 50 ans et je profite plus des petites choses qu’avant, je récupère moins vite quand je sors du coup j’en tiens compte de rentrer avant 1h du matin si possible. Le bonheur c’est de ne plus avoir mes règles, malgré les bouffeurs de chaleurs.

    1. Merci beaucoup ! 😊 Les bouffées de chaleur, je veux bien te laisser ce « cadeau » de la ménopause ! 😄 En revanche, je te rejoins complètement sur le fait de profiter davantage des petites choses. Finalement, rentrer un peu plus tôt permet aussi de savourer la soirée… et le lendemain ! Merci d’avoir partagé ton expérience.

  6. Si je dois partager sur le sujet de l’avancée en âge ce serait sur la notion de bien vieillir et les injonctions faites aux femmes : j’ai 38 ans et je trouve que l’on nous matraque très tôt d’injonctions et d’idées incrustées dans l’inconscient depuis longtemps : « trop vieille pour… », « corriger ça », « à cet âge c’est normal d’avoir ceci ou cela » (mon dieu!), masquer, corriger pour se conformer à ce que la société veut que la femme soit : une denrée non périssable.
    Pour moi gagner en âge c’est : changer cette idée que l’on périme, que l’on peut se muscler à tout âge pour avoir un corps capable avec qui on fait équipe pour pouvoir faire ce que l’on aime longtemps, rendre le fait de ne pas boire d’alcool comme normal et non l’inverse, sortir des régimes et avoir une alimentation qui nous respecte et nous nourrit, sortir du dictat de l’industrie anti-âge (celle qui veut nous faire consommer et nous faire penser qu’on est jamais « assez »), entretenir notre santé osseuse et articulaire, pouvoir porter notre voix, s’en foutre de l’avis des autres. Voilà j’ai tout dit hahaha

    1. Merci pour ce très beau commentaire. ❤️
      Je te rejoins complètement sur les injonctions faites aux femmes. C’est d’ailleurs ce qui rend le sujet si complexe : comment prendre soin de soi sans chercher à correspondre à un modèle imposé ?
      J’aime beaucoup ton idée de faire équipe avec son corps plutôt que de lutter contre lui. Je crois que c’est exactement ce que j’essaie d’apprendre depuis quelques années.
      Et je retiens aussi cette phrase : « pouvoir porter notre voix ». Elle résume finalement beaucoup de choses.
      Merci d’avoir pris le temps de partager ta réflexion.

  7. Cet article semble plein de supers pouvoirs pour nous faire sourire et réfléchir. Merci ! On se sent finalement moins seule 🙂 Un vrai boost d’énergie qui fait du bien. À consommer sans modération 😉

    1. Merci beaucoup,
      Tu ne pouvais pas me faire plus beau compliment. Si Lison donne le sourire tout en faisant réfléchir, alors elle est exactement là où j’espérais l’emmener.
      Merci pour ton message.

    1. Merci beaucoup. Ça me touche énormément. Et puis, si une future quadragénaire s’y retrouve déjà, c’est que j’ai peut-être bien fait d’ajouter « à 10 ou 20 ans près… » au titre ! Quant au livre… tu es la deuxième personne à m’en parler. Je vais finir par me demander si ce n’est pas une idée à garder dans un coin de ma tête. Merci pour ton message !

  8. Bravo pour cet article rempli de sincérité. J’ai beaucoup apprécié cette manière d’aborder le passage des années non pas comme une perte, mais comme une évolution vers une meilleure connaissance de soi. Un très beau rappel que prendre de l’âge, c’est aussi continuer à grandir, à évoluer et à profiter pleinement de ce qui compte vraiment. Merci pour ce partage.

    1. Merci beaucoup. Tu as parfaitement résumé ce que j’avais envie de transmettre. Les années apportent parfois quelques surprises dont je me passerais volontiers… mais elles m’ont aussi permis de mieux me connaître et de faire davantage de place à ce qui compte vraiment. Merci pour ce joli commentaire.

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Bousculade de saison

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