Je t’écris cet article en vitesse parce que j’ai des couleurs à choisir pour mon intérieur. J’en suis désolée mais mes recherches m’ont donné plein d’idées.
Tout part d’un débat YouTube vu un dimanche après-midi pluvieux — le genre des lendemains de veille où tu finis par regarder n’importe quoi (non, pas des débats politiques). Le sujet : faut-il genrer les enfants ? Rose pour les filles, bleu pour les garçons, ou tout mélanger ?
Honnêtement, je n’ai pas de réponse tranchée là-dessus. C’est une de ces questions qui méritent d’y réfléchir sans prétendre avoir tort ou raison. Mais elle m’en a posé une autre, plus personnelle : est-ce que j’habillerais le petit garçon que je n’ai pas en rose pâle ?
La réponse est non. Et en creusant pourquoi, j’ai réalisé que la couleur n’avait finalement rien à voir là-dedans. Maman me coupait les cheveux si courts (et de travers !) que les passants me prenaient pour un garçon. Ce que je n’appréciais pas du tout.
Il est évidemment normal suite à un tel « traumatisme » que je ne fasse pas subir cela à un autre enfant en lui mettant des couleurs associées à l’autre genre dans notre culture actuelle.
C’est précisément ce que Jean-Gabriel Causse explique dans L’étonnant pouvoir des couleurs, Avant 2 ans, les enfants sont aussi attirés par le bleu que par le rose. C’est après qu’ils se séparent en camps adverses — influencés par leurs parents, eux-mêmes façonnés par tout ce qui les entoure.

Le pouvoir des couleurs
Le livre commence fort, par une expérience menée sur des étudiants qui passent un test de QI sans enjeu sur leurs notes. Pour la moitié d’entre eux, le numéro de dossier est imprimé en rouge. Ces étudiants-là répondent à davantage de questions — mais commettent aussi bien plus d’erreurs.
Résultat : ils perdent des points à cause d’une couleur. Pas d’une mauvaise nuit, pas d’un sujet difficile. D’un numéro rouge sur une feuille car la couleur crée une pression dont nous ne soupçonnons même pas l’existence.
Un autre passage du livre m’a rappelé un souvenir de vacances. Chaque année, j’oublie quelque chose d’essentiel. Cette année-là, c’était le dentifrice. Nous nous retrouvons donc à en acheter un dans une station-service — et quelle ne fut pas notre surprise en découvrant un dentifrice blanc rayé de brun.
Brun. Dans un tube de dentifrice. En France, à deux kilomètres de la frontière suisse, pas dans un pays où peut-être les codes couleur fonctionnent différemment. Quelqu’un, quelque part, a validé cette idée. Je n’ose pas imaginer la réunion. Nous nous sommes brossé les dents en grimaçant pendant une semaine.

Le livre de Causse aurait pu nous sauver : il explique que la couleur d’un produit influence directement la perception de son goût et de sa fiabilité. Un dentifrice couleur caca n’a aucune chance, peu importe sa formule. La couleur avait tout sabordé avant même le premier brossage.
Couleurs, maison & symboles
Si une couleur sur un formulaire suffit à faire dérailler la concentration, et une couleur dans un tube à dégoûter d’un produit parfaitement fonctionnel, qu’est-ce que ça dit des murs au milieu desquels nous passons nos journées ?
Il est très difficile d’écrire des généralités sur les couleurs puisqu’elles changent en fonction des époques, des régions mais aussi simplement de l’image que nous en avons. En voici néanmoins quelques unes :
Le bleu
Couleur de la créativité mais aussi de la liberté. Elle est conseillée pour les petits espaces, pas pour la cuisine, le salon, la salle à manger et encore moins la chambre (enfin, ça dépend de ce que tu veux y faire).
Le rouge
C’est la plus puissante des couleurs, il est donc important de la doser. Pour cela, pas très compliqué, si tu trouves qu’il y en a trop, tu en enlèves. A retenir aussi, elle est chaleureusement recommandée dans la chambre des couples pour son côté stimulant mais aussi dans le salon (force) ou le bureau (concentration).
Le rose
C’est la couleur de Lison, attardons-nous un peu dessus car je n’avais pas lu le livre quand je l’ai choisie. Il n’est peut-être pas trop tard si je me suis trompée. Elle symbolise l’amour, la tendresse, la douceur ou encore la féminité. Parfait jusque là. Et s’utilise un peu comme le rouge. Je la garde donc.
Le vert
Représente la nature donc la vie. Cette couleur est déconseillée dans les chambres par certains, approuvée par d’autres, logique puisqu’elle est relaxante. Interdite au théâtre mais recommandée dans la cuisine car elle ouvre l’appétit mais aussi dans les toilettes. Evite peut-être de mettre ces 2 pièces en vert.
Le noir
C’est chic. Penses à ta petite robe noire qui absorbe tout ce que tu ne veux pas montrer. En déco, le noir doit plutôt servir à mettre en valeur les autres couleurs.
Le gris
Je m’en remets entièrement à Causse. Il symbolise la tristesse, le modernisme la peur, la monotonie et la sobriété. Son effet est parfaitement neutre, il ne stimule pas, ne relaxe pas. Il ne fait rien. Pas très excitant tout ça.
Le blanc
Il symbolise bien sûr le mariage (en Belgique et bien d’autres pays) mais aussi le silence et l’éternité. En décoration, il fonctionne comme le gris. A éviter donc sauf éventuellement dans les toilettes où il peut représenter l’hygiène.
Tu savais que le risque de dépression augmentait pour les employés qui travaillent dans un bureau blanc ? A tes pinceaux donc si, comme chez moi, tous tes murs sont blancs.
Le beige
Pareil.
Le jaune
Il représente la lumière, la sagesse, la vérité. Va savoir pourquoi mais c’est la couleur la moins choisie que ce soit par les enfants ou les adultes alors qu’elle permet de garder la joie et la bonne humeur et même de recharger les batteries. Elle est recommandée dans toutes les pièces à vivre.
A retenir aussi
Il est conseillé d’avoir un peu de toutes les couleurs dans son logement. Se limiter à nos préférées déséquilibre l’ensemble.
Pourquoi nos murs restent blancs ?
Me voilà donc à refermer ce livre et à constater qu’autours de moi, tous les murs sont blancs. Pendant les travaux, j’ai décidé de peindre les murs en blanc « en attendant ». Quatre ans plus tard, ils attendent toujours. Bien sûr, après quelques mois de travaux, tu as envie de faire autre chose, puis tu trouves de chouettes activités, puis tu démarres un projet et tes murs restent blancs.
Nous savons maintenant ce que ça coûte : ni relaxant, ni stimulant, le blanc peut même, à la longue, fatiguer.

Alors j’y vais. J’ai déjà repéré un papier peint avec un grand cercle jaune-orangé qui pourrait très bien donner face au mur en carrelage vert que tu as pu voir dans cet article. Et pendant que je m’y attelle, dis-moi — toi, où en es-tu dans tes choix de couleurs ?



10 réponses
La question “pourquoi nos murs restent blancs ?” implique qu’on aurait intérêt à changer cela et l’idée semble séduisante, mais les résultats s’avère par la suite souvent aussi surprenantes et inattendues, en fin de compte, au moins dans mon expérience personnelle, on finit le plus souvent par vouloir revenir au blanc, après tout !
C’est vrai que le blanc a beaucoup d’atouts : il agrandit visuellement l’espace, se marie avec tout et traverse les modes sans trop de risques.
Je pense surtout que nous sommes nombreux à l’avoir choisi par défaut, parfois sans nous demander si c’était réellement ce qui nous convenait le mieux. Ensuite, comme toi, certaines personnes reviennent au blanc après avoir expérimenté d’autres couleurs, tandis que d’autres découvrent qu’elles se sentent beaucoup mieux entourées de teintes plus affirmées.
Au fond, je crois que la bonne couleur est surtout celle qui nous fait du bien lorsque nous rentrons chez nous. 😊
J’aime beaucoup ta réflexion autour de la couleur et de ce qu’elle révèle de nos envies ou de notre état d’esprit du moment.
L’article invite à observer son environnement autrement, avec plus de conscience et de sensibilité. Une lecture à la fois légère, inspirante et pleine de nuances.
Merci beaucoup pour ce retour.
Je crois que c’est exactement ce qui m’intéresse dans les couleurs : elles parlent souvent de nous sans que nous en ayons conscience. Un mur, un vêtement, un objet choisi sur un coup de cœur racontent parfois quelque chose de notre humeur, de nos besoins ou de nos envies du moment.
Si cet article a donné envie de regarder son environnement avec un œil un peu plus curieux, alors j’ai atteint mon objectif. 😊
Merci d’avoir pris le temps de partager ton ressenti.
J’avoue que le titre de ton article m’a immédiatement donné envie de cliquer ! J’ai beaucoup aimé ton plaidoyer en faveur de la couleur dans nos intérieurs, à contre-courant de cette tendance au tout blanc et au tout beige que l’on voit partout. Tu montres bien que la couleur n’est pas seulement une question de décoration, mais aussi d’émotions, d’énergie et de personnalité. Cela m’a fait réfléchir à la façon dont notre environnement influence subtilement notre humeur au quotidien. Une lecture rafraîchissante qui donne envie d’oser un peu plus de couleur chez soi
Merci beaucoup !
C’est justement ce qui m’a donné envie d’écrire cet article. J’ai parfois l’impression que le blanc et le beige sont devenus un réflexe plus qu’un véritable choix. Pourtant, les couleurs ont le pouvoir de transformer l’ambiance d’une pièce, mais aussi la façon dont nous nous y sentons.
Je trouve fascinant que nous réfléchissions souvent longtemps à la couleur d’un vêtement, alors que nous passons des années entourés des mêmes murs sans toujours nous demander s’ils nous correspondent vraiment.
Si cette lecture t’a donné envie d’oser un peu plus de couleur, même par petites touches, alors j’en suis ravie. 😊
J’adore les couleurs, elles sont très importantes pour moi..Elles influencent mes émotions et mon état général. Quand je m’habille, mais aussi les couleurs de ce que je mange ou qui attirent mon oeil quand je me promène. Donc ce thème et la jolie photo qui l’accompagne m’ont tout de suite interpellés. Pour certaines couleurs, je rejoins complètement l’article pour d’autres, j’ai l’impression que je ferais autrement (par exemple, une chambre ou un salon bleus ne me déplairaient pas) ou finalement que cela m’ouvre à une couleur à laquelle je n’avais pas pensé : du vert pour la cuisine…pourquoi pas? Et en fait, je trouve qu’une couleur bien choisie consitue déjà une belle base pour la déco d’une pièce.
Merci Catherine 😊
Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis. Plus je m’intéresse aux couleurs, plus je réalise à quel point elles influencent notre humeur sans que nous nous en rendions compte.
Et je suis d’accord avec toi : il n’existe évidemment pas de règle universelle. Certaines personnes se sentiront parfaitement bien dans une chambre bleue alors que d’autres auront besoin de couleurs plus chaudes. L’essentiel est sans doute de trouver les couleurs qui nous font du bien à nous.
J’aime aussi l’idée qu’une couleur bien choisie constitue déjà une belle base pour la décoration d’une pièce. Finalement, avant même les meubles ou les objets, c’est souvent elle qui donne le ton et crée l’ambiance.
Et si cet article t’a donné envie d’envisager du vert dans la cuisine, alors mission accomplie ! 😉
Ton article me remet en mémoire le « Test des couleurs » de Luscher, qui, par le simple choix de 8 couleurs, permet de déterminer un profil psychologie d’un profondeur étonnante. Le livre ne se résume pas à ce simple test, car il livre une analyse approfondie de ce que à quoi chaque couleur nous renvoie.
Tu m’as donné envie de m’intéresser davantage à ce test. Merci pour cette piste de réflexion.