Je rêvais de calme et de nature. Je m’imaginais dans un endroit plus vert, plus silencieux, loin de l’agitation et je vis en ville.
Me voilà donc dans un quartier très animé.
À l’époque, un ami m’avait conseillé de rester en ville. Selon lui, après ma séparation, j’aurais besoin d’être entourée, d’avoir des activités à proximité et de pouvoir sortir facilement de chez moi.
Sur le moment, je n’étais pas certaine qu’il ait raison.
Avec le recul, je dois reconnaître qu’il avait vu juste.
Pourtant, il m’arrive encore de regarder avec envie les photos de maisons entourées de verdure.
Alors aujourd’hui, pour me réconcilier avec mon choix — et peut-être aider celles qui hésitent entre ville et campagne — voici les raisons qui me font rester en ville.
1. La vie est juste derrière la porte
C’est probablement la raison qui me fait rester en ville.
Il me suffit de fermer la porte pour retrouver le calme. Et de l’ouvrir pour trouver une activité.
Le théâtre est à côté. Le cinéma n’est pas loin. J’ai même le choix entre deux piscines pour faire du sport.
Un soir, une amie me propose d’aller manger un bout après le sport. Dix minutes plus tard, nous sommes installées à une terrasse.
Je ne profite pas de tout ce que la ville offre. Personne n’en aurait le temps. Mais j’aime savoir que tout est là, à portée de main.
Grand luxe!
2. Les déplacements cessent d’être une épreuve
Aujourd’hui, j’habite à deux pas de mon travail.
Pendant des années, comme beaucoup de gens, j’ai passé du temps dans les transports pour me rendre au boulot. Cela faisait partie du quotidien et je n’y réfléchissais même plus.
Avec le recul, je me rends compte de l’énergie que cela demandait.
Les bouchons, les intempéries, les manifestations, les grèves, les retards… Il suffisait d’un imprévu pour que la journée commence ou se termine dans la mauvaise humeur. Mon record : 4 heures pour faire 12 km un jour de neige ! Heureusement que je prenais toujours mes précautions avant de partir…
Désormais, je pars presque au dernier moment et j’arrive détendue.
Cela peut sembler un détail, mais quand tu répètes le trajet des centaines de fois par an, le gain en confort est considérable.
J’ai longtemps pensé que le luxe, c’était l’espace. Aujourd’hui, je crois qu’avoir son travail à quelques minutes de chez soi en est un aussi.
3. L’anonymat est une forme de liberté
Nous reprochons souvent aux villes leur anonymat.
Pour ma part, j’y vois plutôt un avantage.
Personne ne s’étonne de mes horaires, ne commente mes allées et venues, ne sait si je passe mon dimanche à lire, à bricoler ou à regarder une série sous un plaid.
J’apprécie les voisins agréables, mais j’aime aussi que chacun puisse vivre sa vie sans avoir à rendre de comptes. A propos de voisins agréables, je t’en présente ici qui le sont moins.
Cette discrétion laisse de la place pour être soi-même.
Tu peux changer d’habitude, d’apparence ou de projet sans avoir l’impression d’être observée.
Finalement, l’anonymat n’est pas forcément de l’indifférence. C’est parfois simplement la liberté d’être tranquille.
4. Les rencontres et les opportunités se multiplient
Ce que j’aime en ville, c’est que tu ne sais jamais vraiment ce que la journée te réserve.
Il y a des milliers de personnes autour de nous et, avec elles, des milliers de possibilités.
Une discussion inattendue dans un magasin. Une invitation de dernière minute. Une activité découverte par hasard. Une exposition dont tu ignorais l’existence. Un nouveau commerce qui ouvre au coin de la rue.
Bien sûr, la plupart de ces occasions passent sans que nous les saisissions.
Mais elles ont le mérite d’exister.
5. Vivre en ville oblige à rester dans le monde
Je vais peut-être surprendre certaines personnes en écrivant cela, mais je ne suis pas certaine qu’un environnement trop calme m’aurait toujours fait du bien.
Quand tout va bien, la solitude peut être un luxe. Dans les périodes plus compliquées, elle peut parfois devenir un piège.
La ville a un défaut : elle est difficile à ignorer.
Des voix montent de la rue. Des enfants sortent de l’école. Une terrasse se remplit dès qu’un rayon de soleil apparaît. Les vitrines changent. Les passants se pressent ou flânent. La vie continue, avec ou sans moi.
Certains jours, cette agitation m’irrite profondément. J’aimerais davantage de silence, moins de bruit, moins de mouvement.
Pourtant, avec le recul, cette présence constante m’a sans doute rendu service.
Même sans participer à quoi que ce soit, il reste impossible d’oublier complètement que le monde existe au-delà de sa porte.
La ville ne demande rien. Elle rappelle simplement, jour après jour, que la vie continue de circuler autour de nous.
Certains jours, ça fait plaisir.
6. Vivre en ville rassure
Avec les années, certains critères prennent plus d’importance.
La proximité des commerces et des transports compte toujours, mais d’autres préoccupations apparaissent peu à peu.
Les médecins, les spécialistes, les hôpitaux, les services d’aide ou simplement la possibilité de trouver rapidement ce dont on a besoin deviennent des éléments rassurants.
Je le constate souvent dans mon travail. Beaucoup de personnes qui rêvaient autrefois de calme et d’espace choisissent finalement de revenir en ville.
Non parce qu’elles aiment davantage le béton.
Mais parce qu’elles apprécient de savoir que tout est accessible en cas de besoin.
La ville ne supprime pas les difficultés de la vie.
Elle donne simplement le sentiment que tu ne devras pas les affronter seule.
7. Habiter près de la plus belle place du monde
Ce dernier argument n’est valable que pour les Bruxellois.
Je sais parfaitement que chaque ville est persuadée d’abriter la plus belle place du monde. Je ne cherche pas à lancer un débat international. Mais pour la mienne, c’est vrai 😉
Je continuerai sans doute encore longtemps à regarder avec envie les photos de maisons entourées de verdure.
Mais lorsque je fais le bilan, je comprends pourquoi je suis restée ici.
La ville m’agace parfois. Elle est bruyante, agitée, encombrée. Certains jours, j’ai envie de tout quitter pour entendre les oiseaux plutôt que la circulation. Voici d’ailleurs quelques exemples sur ce qui m’aide quand tout m’irrite.
Et puis je me rappelle tout ce qu’elle m’apporte au quotidien.
Peut-être que nous faisons souvent la même chose avec notre lieu de vie qu’avec notre intérieur : nous regardons ce qui manque en oubliant ce qui fonctionne.
Alors si toi aussi tu trouves parfois la ville fatigante, essaie un instant de faire l’exercice inverse.
Qu’est-ce qu’elle t’apporte que tu ne remarques même plus ?
Tu pourrais être surprise par la réponse.




10 réponses
Merci pour ce partage
Je suis d’accord avec toi
❤️
Paradoxalement, quand on vit en ville, on ne réalise pas toujours à quel point certaines choses nous facilitent la vie!
Je suis tout à fait d’accord. J’ai l’impression que certaines facilités deviennent tellement habituelles qu’elles finissent par passer inaperçues.
Pouvoir aller chez le médecin, prendre un tram, aller au théâtre, à la piscine ou faire une course de dernière minute sans voiture me semble presque normal aujourd’hui. Pourtant, ces petites choses simplifient énormément le quotidien.
C’est d’ailleurs en écrivant cet article que j’ai réalisé à quel point j’y étais attachée.
Hello Sophie, merci pour ton partage de tes raisons d’affectionner la vie en ville.
J’habite dans un « gros » village (c pas une ville et c pas un petit village, c’est une sorte d’hybride) et je ne me déplace plus qu’à vélo, train, bus ou à pied depuis 1 an.
Dans ces conditions, c’est super intéressant d’habiter en ville, je te le confirme.
Pour ma part, j’ai un besoin viscéral de contact avec la nature et un potager que je retrouve dans un « mini-jardin » de ville.
En fermant ma porte d’entrée, je peux ainsi aller écouter les oiseaux dans le jardin ou mieux, en fermant aussi ma porte d’entrée et en me rendant dans le bois tout proche à pied, c’est pareil pour les oiseaux.
Au final, toute médaille – aussi belle soit-elle – a toujours 2 faces: la ville comme la campagne.
Merci pour ton témoignage. Je crois que tu résumes très bien ce que j’essayais d’exprimer : la ville et la campagne ont chacune leurs avantages… et leurs inconvénients.
Ton « gros village » me semble d’ailleurs être un compromis assez séduisant. Je comprends très bien ton besoin de nature. Même si j’aime vivre en ville, j’avoue que pouvoir entendre les oiseaux ou rejoindre un bois à pied me fait rêver.
Finalement, le plus important n’est peut-être pas de vivre en ville ou à la campagne, mais de trouver l’équilibre qui nous correspond à un moment donné de notre vie.
Très couette article qui montre avec justesse que la vie en ville ne se résume pas au bruit et au stress. La proximité des services et la liberté qu’offre parfois l’anonymat sont des arguments très intéressants. Une lecture agréable et pleine de bon sens.
Merci beaucoup.
La ville est souvent présentée sous son angle le moins séduisant, alors que ses avantages deviennent parfois très précieux au quotidien. J’avais envie de rééquilibrer un peu le débat.
Je suis ravie que cette réflexion t’ait parlé.
Il est vrai que j’ai moi aussi pratiquement toujours vécu dans de grandes villes et que j’ai reconnu les décors de Bruxelles. Je n’ai jamais eu envie de vivre ailleurs qu’en ville, mais je ne suis pas sûr que les rencontres se multiplient vraiment dans une grande ville et que l’anonymat, qui offre une forme de liberté, nous réussit vraiment.
Merci pour ce retour.
Je comprends tout à fait cette nuance. L’anonymat ne convient probablement pas à tout le monde et il peut parfois devenir une forme d’isolement.
Pour les rencontres, je pensais surtout aux opportunités. Depuis mon arrivée à Bruxelles, plusieurs nouvelles amitiés sont nées grâce à des activités, au sport ou à des connaissances communes. Rien n’était garanti, bien sûr, mais j’ai parfois l’impression que la ville multiplie les occasions de croiser de nouvelles personnes.
C’est aussi ce qui rend le sujet intéressant : chacun vit la ville de façon très différente.